Le volume cumulé des emprunts sur le marché des titres publics de la BEAC s’est établi à 7 525,3 milliards FCFA au 28 février 2025, selon un rapport mensuel de l'institut d'émission monétaire consulté par EcoMatin. Ce volume est en progression de 14 % par rapport à la même période en 2024, soutenu par l’augmentation des besoins de financement des États de la région, confrontés à d’importants déficits budgétaires. Le Congo, le Gabon et le Cameroun sont les principaux émetteurs de titres et représentent 78,2 % de l'encours global à fin février.
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Mais cette montée en puissance des émissions s'accompagne d’un durcissement des conditions d’emprunt exigées par les investisseurs. D’après la BEAC, le coût moyen des emprunts est passé de 7,78 % en janvier 2025 à 8,20 % en février. Sur le compartiment des titres de courte maturité (BTA – moins d’un an), le Cameroun a enregistré les taux les plus élevés, atteignant 6,95 %, au-dessus de la moyenne régionale de 6,88 %. En comparaison, ce taux n’était que de 2,8 % en février 2022, ce qui illustre le doublement du coût des ressources en seulement trois ans.
Sur les titres à plus longue échéance, le Tchad se distingue avec un rendement moyen de 9,44 % sur ses OTA en février, suivi du Gabon (9,01 %). Ce renchérissement du coût de la dette exerce une pression croissante sur les trésoreries publiques, augmentant les risques de retards de paiement et, par ricochet, de tensions sur l’ensemble du système financier régional.
Les banques commerciales, seuls investisseurs habilités à intervenir sur le marché primaire, détiennent désormais plus de 70 % de l’encours des dettes (OTA et BTA). Une situation qui limite leur marge de manœuvre pour répondre aux nouvelles émissions, en raison des contraintes prudentielles. Dans ce contexte, le développement d’un véritable marché secondaire devient un enjeu majeur pour soulager les portefeuilles des banques. Réuni en session ordinaire, début mars, le Cadre de concertation permanent des Trésors publics (CPC-TP) a évoqué la possibilité de faire appel à des investisseurs non-résidents. Les détails restent à préciser, mais cette option pourrait diversifier les sources de financement — à condition d’accompagner cette ouverture par un cadre réglementaire plus flexible, notamment pour le rapatriement des bénéfices tirés des investissements en titres publics.
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