A l’invitation de Roland Lescure, ministre français de l’Économie, et son homologue tchadien Tahir Hamid Nguilin, par ailleurs président du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), les ministres des Finances et de l’Économie de la CEMAC, les gouverneurs des banques centrales ainsi que les responsables des institutions régionales se sont réunis le 17 mars 2026 à Paris (France). Cette rencontre de haut niveau, qui s’inscrit dans le cadre du dialogue monétaire entre la France et la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale, intervient dans un contexte de pression accrue sur les équilibres macroéconomiques des États de la sous-région.
Au cœur des échanges, un enjeu clé : la conclusion des revues et la poursuite des programmes économiques appuyés par le Fonds monétaire international (FMI). Dans un environnement international marqué par de fortes incertitudes, les États de la sous-région ont réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre les recommandations issues du sommet extraordinaire des chefs d’État du 22 janvier 2026 à Brazzaville, notamment en matière de discipline budgétaire, de consolidation des réserves de change et de poursuite des réformes structurelles afin de « négocier et conclure ou poursuivre les programmes économiques et financiers avec le FMI », et « garantir la cohérence entre les Lois des Finances et les engagements des États, notamment avec le Fonds et assurer leur compatibilité avec les objectifs de soutenabilité de la dette et de consolidation de la position extérieure à moyen terme ».
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Cette exigence intervient alors que plusieurs pays de la zone sont engagés dans des négociations sensibles avec l’institution de Bretton Woods. Le Gabon a ainsi officiellement sollicité début mars 2026 l’ouverture d’un nouveau programme économique et financier, après l’échec du précédent accord conclu en 2021. Libreville espère restaurer sa crédibilité financière et mobiliser de nouveaux financements, mais se heurte à des contraintes importantes, notamment une politique budgétaire jugée expansionniste et la difficulté de mettre en œuvre des réformes potentiellement coûteuses sur le plan social.
Le Cameroun, de son côté, s’oriente vers la conclusion d’un troisième programme avec le FMI. Selon le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, les deux précédents accords ont permis de mobiliser plus de 2 600 milliards FCFA en appuis budgétaires. L’enjeu est désormais d’éviter une rupture de ces financements, qui créerait un déséquilibre budgétaire significatif, tout en adaptant le futur programme aux priorités nationales, notamment en matière d’investissement public et de réponse aux attentes sociales.
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Dans ce contexte, l’appel de Paris traduit une préoccupation quant à la stabilité de l’ensemble de la zone. Avec une contribution estimée entre 40 % et 58 % des réserves de change de la CEMAC, le Cameroun demeure un pilier de l’équilibre régional, tandis que le retour du Gabon dans un programme FMI est perçu comme un test de crédibilité. Pour les partenaires, l’accélération des réformes apparaît désormais comme la condition sine qua non pour sécuriser les financements extérieurs et préserver la stabilité macroéconomique de la sous-région. Dans cette perspective, la France a réaffirmé son soutien à la stabilité macroéconomique et financière de la CEMAC et de ses Etats membres. A ce titre, Paris « continuera à les accompagner dans leurs relations avec les partenaires techniques et financiers, y compris le FMI pour la conclusion et le bon déroulement des programmes en cours et à venir », souligne le communiqué ayant sanctionné les travaux.












