Yellow Card, la plateforme de change de crypto-actifs présente dans une vingtaine de pays africains, veut franchir une nouvelle étape dans son déploiement sur le continent en décrochant le statut – encore inédit en Afrique centrale – de prestataire de services sur actifs numériques (PSAN). Selon Jefferson Iwengue, Legal Counsel Afrique francophone du groupe, la société a amorcé des pourparlers avec la Commission de surveillance du marché financier d’Afrique centrale (Cosumaf) pour décrocher le précieux sésame. Yellow Card a déjà amorcé la création d’une filiale dédiée qui sera immatriculée à Libreville au Gabon, même si son périmètre couvrira l’ensemble des six pays de la CEMAC.
La Cosumaf n’a pas communiqué de calendrier officiel pour cette procédure d’agrément. Si le feu vert est accordé, Yellow Card deviendra la première société dûment agréée pour offrir des services de cryptoactifs sur tout le territoire CEMAC. Un signal fort pour l’écosystème et, peut-être, un déclic pour d’autres candidats.
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Le règlement unifié du marché financier, adopté en juillet 2022, définit l’« actif numérique » comme « tout bien incorporel représentant, sous forme numérique, un ou plusieurs droits pouvant être émis, inscrits, conservés ou transférés au moyen d’un dispositif d’enregistrement électronique partagé permettant d’identifier, directement ou indirectement, le propriétaire dudit bien ». Désormais, toute entité souhaitant créer, conserver ou échanger ces jetons doit obligatoirement passer par un intermédiaire agréé (PSAN), chargé de vérifier l’identité des clients, sécuriser les clés cryptographiques, exécuter les transactions et assurer une tenue de compte transparente.
« L’agrément PSAN dans la CEMAC nous permettra d’apporter une solution locale, conforme et sécurisée, tant aux institutions qu’aux particuliers », explique Jefferson Iwengue. Yellow Card détient déjà des agréments similaires en Afrique du Sud et au Botswana, et revendique à ce jour 6 milliards de dollars de transactions cumulées depuis sa création en 2015.
Tourner la page d’un incident réglementaire
Cette offensive réglementaire intervient quelques mois après la publicité négative suscitée par le retrait de l’agrément de Conseiller en Investissements financiers accordé en 2022 à « Yellow Card Cameroun ». La Cosumaf reprochait alors à la société d’avoir exercé une activité de change, hors du spectre autorisé. « Cette structure n’était pas une filiale de Yellow Card», a réagi Jefferson Iwengue, précisant que la structure sanctionnée par le régulateur avait été créée par un partenaire local et n’était pas contrôlée par le groupe.
« Elle n’a jamais utilisé l’agrément CIF, il était logique que le régulateur le retire. Nous repartons sur des bases saines : une nouvelle filiale, détenue par Yellow Card, sera immatriculée au Gabon et opérera avec un agrément PSAN adapté à notre métier».
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