L’ambassade de Chine en République centrafricaine vient de lancer une mise en garde sévère à ses ressortissants, leur déconseillant de fréquenter ou de travailler sur les chantiers miniers du pays en raison de risques jugés « extrêmement élevés ». Dans un communiqué publié le 21 novembre, la représentation diplomatique évoque des violences exercées par des groupes armés, des confiscations de passeports, des situations de dépendance totale vis-à-vis d’employeurs ou d’intermédiaires, ainsi que des pratiques assimilées à du travail forcé, allant jusqu’à parler d’« esclavage minier ».
Les ressortissants déjà présents sur les sites aurifères sont invités à quitter immédiatement les zones concernées, tandis que ceux envisageant de s’y rendre sont appelés à renoncer, la présence sur ces chantiers étant décrite comme « à très haut risque ». Cette alerte intervient alors même que plusieurs sociétés chinoises et russes sont régulièrement citées dans l’exploitation illégale de l’or et du diamant, souvent dans des zones hors contrôle de l’État et en interaction avec des groupes armés.
L’année dernière, le gouvernement centrafricain a retiré à l’entreprise chinoise Daqing Sarl ses permis d’exploitation d’or et de diamants dans le sud du pays pour collusion présumée avec des groupes armés. Cette communication survient à un moment particulier, où Bangui mène une vaste campagne visant à monétiser les ressources minières nationales et à assainir un secteur historiquement opaque.
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Dans cette dynamique, un nouveau code minier a été adopté en 2024, présenté comme un cadre destiné à normaliser les opérations, renforcer la traçabilité et attirer des investissements plus structurés. Mais sa mise en œuvre peine à décoller, en raison de l’insécurité persistante, du poids des acteurs informels et du manque de moyens de l’administration minière. A noter que cette mise en garde diplomatique fait écho à de précédents meurtriers.
En mars 2023, 9 travailleurs chinois avaient été tués lors d’une attaque contre un site minier près de Bambari. D’autres témoignages évoquent des extorsions, des enlèvements, des violences, des simulacres d’accidents mortels ou encore des conflits internes entre actionnaires ayant dégénéré. Cette situation met en lumière l’insécurité chronique qui entoure l’industrie minière centrafricaine, au carrefour d’intérêts économiques, d’activités illégales et d’enjeux géopolitiques.
Elle interroge également la capacité de l’État à sécuriser les sites, appliquer son nouveau cadre juridique et protéger les travailleurs, qu’ils soient étrangers ou nationaux. Pékin semble adopter une prudence maximale. L’ambassade recommande d’éviter toutes les zones « rouges » hors de Bangui et rappelle son devoir de protection consulaire. Cette mise en garde pourrait avoir des répercussions sur un secteur aurifère déjà fragile, au moment même où le gouvernement tente d’en reprendre le contrôle, de le rentabiliser et de le rendre plus transparent.
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