Énerca (Énergie Centrafricaine), la société publique responsable de la production, du transport et de la distribution de l'électricité en République centrafricaine, vient d’opérer à une mise à jour stratégique de ses tarifs de raccordement. Le Directeur général, Bienvenu Mony Beya, a annoncé le 16 mai dernier, réduire à 5 000 FCFA les frais de branchement pour les ménages, contre 15 000 à 20 000 FCFA auparavant, une mesure rendue possible grâce au soutien de la Banque mondiale. Cette nouvelle tarification concerne aussi bien les installations en deux que quatre fils, dans la limite réglementaire de 50 mètres.
« A compter de lundi (18 mai), dans les quartiers, le prix des branchements est ramené à 5 000 FCFA quelque soit le type de raccordement […] Cette mesure vise à démocratiser l'accès à l'énergie,et inciter les gens à arrêter avec les branchements illicites », a-t-il déclaré.
En effet, selon le responsable, ces connexions illégales fragilisent les installations, provoquent des pannes récurrentes et occasionnent des pertes estimées à 8 milliards FCFA par an pour l’entreprise. En rendant le raccordement légal plus accessible, l’ENERCA entend inciter les usagers à recourir exclusivement à ses équipes techniques, dont les interventions doivent s’intensifier sur le terrain. La réforme prévoit également un mécanisme de compensation pour les anciens abonnés. Ceux ayant déjà payé les anciens tarifs bénéficieront d’un avoir équivalent au surplus versé, converti en crédit d’abonnement. Une mesure qui vise à préserver l’équité tout en renforçant l’adhésion des consommateurs à cette nouvelle politique.
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A noter que cette initiative intervient alors que le pays traverse une situation énergétique critique. Selon la fiche de résultat des opérations de la Banque mondiale en RCA et en Gambie publié en février 2025, à peine 17 % de la population centrafricaine a accès à l’électricité, avec des disparités marquées entre Bangui et les zones rurales, largement laissées pour compte. Autrement dit, plus de 8 Centrafricains sur 10 vivent encore sans accès régulier à l’énergie, un frein majeur au développement économique et social.
Dans ce contexte, la baisse des coûts de raccordement apparaît comme un levier essentiel pour élargir la base des abonnés et améliorer progressivement le taux d’accès. Elle s’inscrit dans une dynamique plus globale de relance du secteur énergétique, soutenue par l’institution de Bretton Woods. La Banque mondiale revendique ainsi un engagement cumulé de 200 millions de dollars en faveur de l’énergie centrafricaine au cours des sept dernières années, notamment pour moderniser les installations présentes (rénovation des sites de Boali), développer des infrastructures mixtes (comme la centrale électrique mixte de Danzi-25 MW, inaugurée en novembre 2023), et renforcer les capacités du réseau.













