L’industriel nigérian Dangote Group entend investir 40 milliards de dollars américains, environ 22 450 milliards FCFA, durant le quinquennat 2025-2030 pour accélérer son expansion en Afrique. Les ambitions du groupe fondé par le milliardaire Nigérian Aliko Dangote ont été dévoilés le 31 mars dernier, à la faveur de la présentation de sa feuille de route de sa stratégie à long terme au conseil d’administration et à l’équipe de direction de la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank).
Structurée en deux phases (2025-2028 et 2028-2030), la stratégie intitulée « Vision 2030 : Dynamiser le Groupe Dangote pour un succès à long terme », vise à renforcer les positions existantes du groupe tout en ouvrant de nouveaux relais de croissance afin de porter à 100 milliards de dollars US le chiffre d’affaires du groupe à d’ici 2030.
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« Au cœur de cette dynamique, le groupe Dangote mise sur l’optimisation de ses actifs stratégiques et l’augmentation significative de ses capacités de production, dans une logique d’intégration verticale et de sécurisation des chaînes de valeur », peut-on lire dans le communiqué d’Afreximbank publié le 8 avril dernier.
Pilier de cette transformation, la Dangote Petroleum Refinery devrait voir sa capacité plus que doubler, passant de 650 000 barils par jour à 1,4 million de barils par jour. Une montée en puissance qui, si elle se concrétise, repositionnera durablement l’Afrique sur la carte mondiale du raffinage. Ce projet s’inscrit dans un contexte où de nombreux pays africains demeurent dépendants des importations de produits pétroliers raffinés, malgré l’abondance de ressources brutes. En augmentant ses capacités, Dangote entend capter une part plus importante de la valeur ajoutée, tout en contribuant à réduire les déficits commerciaux énergétiques de plusieurs économies africaines.
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Parmi les axes stratégiques majeurs apparaît également le secteur des engrais. Le groupe prévoit de quadrupler sa production annuelle, la faisant passer de 3 à 12 millions de tonnes. Une telle capacité positionnerait Dangote Fertilizer comme le premier producteur mondial d’urée, un intrant clé pour l’agriculture. Ce pari intervient dans un contexte de tensions sur les marchés mondiaux des fertilisants, exacerbées par les crises géopolitiques et les perturbations logistiques.
Renforcer les marchés clés
Le programme entend surtout consolider les fondamentaux notamment autour des filières comme le ciment, le sucre ou le riz. Déjà leader africain du ciment, Dangote prévoit d’accroître encore ses capacités de production pour répondre à la demande soutenue en infrastructures et en logements. Pour ce faire Dangote Cement avait annoncé, le 4 mars dernier, un investissement d’1 milliard de dollars (600 milliards FCFA) pour porter à 80 millions de tonnes sa capacité de production d’ici 2030, soit une progression de 45 % par rapport au niveau actuel. Une logique similaire devrait être mise sur pied dans l’agro-industrie, où le groupe ambitionne de renforcer ses positions dans le sucre et le riz, deux produits stratégiques pour la sécurité alimentaire.
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Ces investissements s’inscrivent dans une tendance de fond appuyée sur la montée en puissance des marchés domestiques africains, portée par la croissance démographique, l’urbanisation et l’émergence d’une classe moyenne.
Infrastructures, gaz et numérique
Au-delà de ses activités traditionnelles, le groupe explore de nouveaux segments à fort potentiel. Les infrastructures, les autres activités du secteur extractif et le secteur numérique figurent en tête des priorités, avec l’objectif de fluidifier les échanges et de réduire les coûts logistiques, souvent prohibitifs en Afrique.
« Au-delà de son portefeuille actuel, le Groupe a identifié de nouvelles opportunités d’investissement dans les infrastructures — notamment les ports et les pipelines — ainsi que dans le gaz, l’exploitation minière (en tant que porte d’entrée pour les exportations de minerais semi-transformés et à valeur ajoutée ), les centres de données pour soutenir la transformation numérique et la résilience des entreprises en Afrique, et l’énergie, décrite comme le moteur de la transformation industrielle de l’Afrique », détaille l’institution financière.
Reste toutefois le défi de la mobilisation des financements nécessaires des marchés parfois fragmentés. C’est dans cet dynamique que’Afreximbank a confirmé son « soutien » au groupe industriel soulignant que ce partenariat pourrait jouer un rôle déterminant dans la structuration et le financement de ces projets. « Cette collaboration déboucherait sur un formidable partenariat permettant de réaliser des investissements à grande échelle qui accéléreront les changements attendus », a déclaré Dr George Elombi, Président d’Afreximbank et du conseil d’administration de la Banque.
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