Les catastrophes naturelles pèsent lourd sur l’économie camerounaise. D’après la "Stratégie de financement des risques de catastrophes" publiée par le ministère des Finances (Minfi), les pertes économiques directes dues aux inondations et à la sécheresse sont estimées à environ 140 milliards FCFA par an. Pour les seules inondations, les pertes annuelles moyennes sont évaluées entre 74,7 et 115 milliards FCFA, affectant principalement les secteurs du logement, des transports, de la production et des services (90 % des pertes), contre 10 % pour l’agriculture.
Quant à la sécheresse, elle impacte fortement les régions du Nord et de l’Extrême-Nord, avec près de 2 millions de personnes concernées, soit environ 9 % de la population. Environ 1,2 million d’unités d’élevage y sont directement menacées, pour un coût estimé à 23 milliards FCFA.
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A en croire l’Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc), 49 450 hectares de cultures détruites, 1 014 habitations détruites, 4 903 ménages en difficulté et 311 659 personnes affectées, dont plus de 2 000 déplacées sur la période 2019-2024, . Pourtant, « l’analyse des coûts directs et indirects des catastrophes révèle que le Cameroun mobilise environ 158 millions de dollars (91 milliards de Fcfa) par an pour la réduction des risques de catastrophe, mais la majorité est allouée à la prévention plutôt qu'à la réponse », déplore le rapport.
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Entre 2018 et 2023 par exemple, le ministère de l’Économie et celui de l’administration territoriale ont mobilisé 21,7 milliards de Fcfa, soit 3,62 milliards de Fcfa/an pour cette cause. Toute chose qui n’a pourtant pas contribué à atténuer considérablement l’ampleur des dégâts toujours aussi importants. Pour cela, le rapport craint une aggravation de la situation au cours des deux prochaines décennies. « Les pertes annuelles moyennes dues aux inondations pourraient augmenter de 26%, principalement en raison des dommages plus importants aux infrastructures, et la moyenne annuelle du PIB potentiellement affectée par les sécheresses pourrait passer de 9% actuellement à 26% d’ici 2050 ».
Financement
Dans un contexte où le Cameroun cible une croissance économique comprise entre 8% et 10% et prévoit de réduire le taux de pauvreté de 37% à 25% d’ici 2030, l’accentuation des effets des changements climatiques pourrait au contraire contribuer à accélérer le nombre de personnes en insécurité alimentaire, déjà estimées à 3 millions en 2024. La cause, « les investissements camerounais en matière de RRC se concentrent davantage sur la réduction des crises pré-catastrophes plutôt que sur la gestion des crises post-catastrophe. Cette situation peut conduire à d’importants gaps de financement dans le cadre de la gestion d’une catastrophe de moyenne ou de grande ampleur ». En effet, il ressort que le Cameroun doit mobiliser entre 55 et 135 milliards de Fcfa tous les cinq ans pour la gestion des risques de catastrophe.
Des pistes de financement en cours
Pour renforcer sa résilience, le Cameroun a signé un accord avec le FMI au titre de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD), visant à améliorer la mobilisation des financements pour les risques climatiques. Le gouvernement étudie aussi la mise en place d’incitations fiscales (crédits d’impôt, subventions, garanties) afin d’attirer les investisseurs privés dans le domaine de la gestion des risques.
Le rapport estime que le pays devra mobiliser entre 55 et 135 milliards FCFA tous les cinq ans pour répondre efficacement aux catastrophes naturelles.








