Une délégation du Groupement des transporteurs terrestres du Cameroun (GTTC) séjourne à Abuja, capitale du Nigeria, depuis le 17 août 2026. Elle entend contribuer à la fluidification et à la sécurisation des corridors commerciaux entre le Cameroun et le Nigeria, qui s'étendent sur quelque 1 500 kilomètres ; soit la longueur de la frontière entre les deux pays, de l'Extrême-Nord jusqu'à l'océan Atlantique. « La performance des corridors terrestres constitue un facteur déterminant pour le développement du commerce transfrontalier et l'intégration économique sous-régionale », rappelle la direction générale des Douanes camerounaises (DGD). La mission des transporteurs camerounais consiste ainsi à promouvoir la facilitation du transport et du commerce transfrontalier, tout en explorant de nouvelles opportunités de partenariat avec les institutions et opérateurs stratégiques nigérians, précise la DGD.
Cette initiative n'est pas fortuite au regard des échanges commerciaux encore timides entre ces deux pays voisins. En 2024 par exemple, le pays le plus peuplé d'Afrique, avec plus de 240 millions d'habitants, se positionnait au 8ᵉ rang des fournisseurs du Cameroun à l'échelle mondiale - et au premier rang à l'échelle africaine - avec une part de 3 % (149,8 milliards FCFA) des importations globales, évaluées à 4 999,4 milliards de F CFA, selon les données de l'Institut national de la statistique (INS). Ces importations en provenance du partenaire africain sont constituées en grande partie de carburants et lubrifiants (67,4 %), ainsi que de sel, soufre et clinker (16,7 %).
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Le Nigeria ne figure toutefois pas dans le top 10 des clients du Cameroun à la même période, ce qui suggère que les échanges profitent davantage à Abuja qu'à Yaoundé. Mais l'INS nuance ce constat, soulignant que ce chiffre des importations pourrait ne pas traduire le niveau réel des échanges entre les deux pays, « principalement en raison de la porosité des frontières qui engendre des échanges transfrontaliers non enregistrés dans les statistiques douanières ».
Les chiffres compilés démontrent que si les ventes du Nigeria au Cameroun ont augmenté en 2024, sa part de marché a, en revanche, chuté par rapport à 2023, année où il occupait le rang de cinquième fournisseur du Cameroun, avec 39,4 milliards de F CFA de produits vendus - loin derrière la Côte d'Ivoire. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) évoque les crises sécuritaire et sécessionniste qui ont frappé le Cameroun, tout en estimant que les échanges économiques et commerciaux entre les deux pays semblent progressivement renouer avec une dynamique positive.
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Quant aux gains perçus par l'État, le plus important bureau des douanes de la région de l'Extrême-Nord en termes de recettes, avant la crise sécuritaire, était celui de Limani, avec 1 114 791 860 F CFA par an, rapporte le PNUD Cameroun. L'organisation précise que, « durant la période marquée par l'extrémisme violent, les recettes avaient drastiquement chuté car le trafic routier était interrompu entre les deux pays ».
Depuis la stabilisation, les recettes douanières de Limani ont progressivement augmenté, passant de 40 millions de F CFA au début de l'année 2021 à 830 millions de F CFA à la fin de cette même année, selon le PNUD Cameroun, puis à 1 milliard de F CFA en 2023, selon le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, sur sa page digitale.










