En proie à une crise d’insalubrité persistante dans ses deux principales villes, la République du Congo a décidé de confier le service public de ramassage des déchets à l’entreprise turque Albayrak Waste Management. À cet effet, un contrat de 260 millions de dollars US (environ 149,5 milliards FCFA) a été signé le 23 avril, concédant à cette société la collecte des déchets solides et l’exploitation des services de propreté à Brazzaville et Pointe-Noire pour une durée de cinq ans, renouvelable une fois.
« Notre groupe possède plus de 40 ans d’expertise dans ce secteur. Nous avons collaboré avec plusieurs gouvernements, notamment au Pakistan et en Guinée », a déclaré Muhammet Faruk Albayrak, directeur général de l’entreprise.
Il sera question pour Albayrak de créer une filiale de droits congolais qui va assurer la gestion de la collecte, le transport des déchets et leur stockage dans les aires de transit ainsi que le désengorgement des canalisations. Elle devra rénover et moderniser le parc d’engins et camions de ramassage, construire des infrastructures de tri pour recycler les déchets non biodégradables et produire de l’énergie verte. Selon les détails du marché, les activités d’Albayrak débuteront dans la ville de Brazzaville 15 jours après la signature du contrat tandis qu’une étude de l’état des lieux sera réalisée à Pointe-Noire pendant un mois.
Le marché conclu 8 mois après la résiliation du contrat de l’ancien adjudicataire prévoit une nouvelle forme de contrat. Selon Désiré Mondelé, ministre congolais de l’Assainissement et du Développement local, Averda (ancien responsable de l’assainissement au Congo) était lié au Congo par un forfait mensuel d’une trentaine de milliards FCFA l’année alors que le contrat avec Albayrak est axé sur le tonnage. « Avec le contractant actuel, nous partons sur un contrat de performance basé sur le tonnage suivant les estimations de productions mensuelles de déchets de Brazzaville et Pointe-Noire », a-t-il expliqué. En effet, selon le rapport 2024 du ministère de l’Assainissement sur la crise d’insalubrité, les deux villes produisent environ 1500 tonnes d’ordures par mois, soit 1000 tonnes à Brazzaville et 500 tonnes à Pointe-Noire.
À noter que ce contrat est le 2e que l’entreprise décroche dans ce pays d’Afrique centrale en 3 mois. Présent dans 6 pays africains, le groupe turc a signé en janvier dernier un accord de concession de 25 ans portant sur la réhabilitation, la modernisation, l’expansion et l’exploitation des terminaux conventionnels du port de Pointe-Noire et comprenant un plan d’investissement de 401 millions d’euros (plus de 263 milliards de Fcfa).
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