En attendant la signature de l’accord de joint-venture entre la société turque Albayrak et le gouvernement équato-guinéen sur la gestion des ports maritimes de Bata et Malabo, les autorités, suivant les négociations qui sont sur le point d’être bouclées, entendent garder la main sur 49% des parts et céder 51% à leur partenaire. Aussi le vice-président de la République, Teodoro Nguema Obiang, en termes d’objectifs, cible-t-il des recettes annuelles de 4 milliards d’euros, soit plus de 2 600 milliards de FCFA.
Pour lui, apprend-on, ce projet, qui fait partie d’un vaste programme de privatisations de certaines entreprises étatiques pour plus de rentabilité, bénéficie de l’expertise d'une entreprise internationale expérimentée, s'inscrit dans la vision stratégique du gouvernement de renforcer le secteur portuaire du pays.
Dans le détail, le projet de joint-venture entre la compagnie turque et l’Etat équato-guinéen comprend un contrat initial de 10 ans renouvelables, dans lequel la Guinée-Équatoriale pourra acquérir jusqu'à 49% des actions de la société. Il prévoit aussi une révision du contrat tous les trois ans afin d’évaluer la performance et la rentabilité des services portuaires.
Selon les autorités équato-guinéennes représentant les administrations des Finances, du Trésor et des Transports, parties prenantes à l’accord dont une réunion s’est tenue le 6 février à Malabo, l'investissement de 300 millions d’euros proposé par Albayrak, va renforcer non seulement les infrastructures portuaires du pays, notamment les ports de Malabo et Bata, mais contribuera également à l’augmentation des recettes fiscales, à la génération d’emplois directs et indirects ainsi qu’à l’augmentation du trafic maritime dans les ports du pays.
Pour l’heure, les discussions concernent la structure administrative et financière qui régira le projet, la répartition des postes de direction afin de garantir la représentativité des deux partenaires dans le top management.
Pour mémoire, le port de Malabo dispose actuellement d’un quai de chargement d’une capacité annuelle de 7,1 millions de tonnes, -utilisée à plus de 70%- et pouvant accueillir des navires de 500 pieds de longueur. Le port de Bata quant à lui, accueille quelques milliers de tonnes de cargos par an avec moins de 100 navires (près de 240 pieds) en transit et une capacité maximale de partage de 57 721 tonnes.
D’après les termes de l’accord, les fonds investis sont destinés à la modernisation et au développement des deux ports équato-guinéens, à la création et au développement d'une nouvelle zone industrielle dans la ville d’Ebibeyin ainsi qu’à la gestion de toutes les activités portuaires, notamment la gestion de conteneurs, le pilotage et le remorquage. L’objectif étant d’améliorer l'efficacité des opérations portuaires et à réduire les coûts pour les importateurs et les exportateurs pour faire des ports de Bata et de Malabo des hubs de transbordement et de transit vers les ports voisins, capables d'attirer de nouveaux investissements et de stimuler le commerce.



