Le ministre congolais des Finances, du Budget et du Portefeuille public Christian Yoka était face aux sénateurs le 21 février 2025. Il a notamment été interpellé sur la contre-performance enregistrée par les entreprises et établissements publics ces dernières années. En guise de solution, l'ancien patron de l'AFD en Afrique dit avoir instruit à la Direction générale du Portefeuille public, d'élaborer un contrat de performance qui sera conclu entre l’Etat et les entreprises du portefeuille public. « J’ai demandé une relecture du projet de loi portant charte des entreprises et établissements publics à l’effet d’explorer plusieurs axes d’amélioration : meilleure maîtrise du processus de création des entreprises, obligation de conclure un contrat de performance avec l’Etat, respect du principe des finances publiques (séparation ordonnateur-comptable), respect des procédures de passation de marchés, inspection par l’autorité publique, redéfinition des cooptations des administrateurs et des membres du Conseil de surveillance, mise en place d’un code de déontologie pour les administrateurs et pour les Directeurs généraux », a-t-il projeté.
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Pour Christian Yoka, de telles mesures permettraient à l’Etat d’assumer pleinement son rôle d’actionnaire et d’améliorer l’efficacité et la performance des entreprises publiques au bénéfice de la collectivité. Concrètement, avec les contrats de performances, les entreprises sont évaluées sur un certain nombre d’objectifs assignés sur une période bien déterminée. Cela contribue à améliorer leur rendement, à limiter la pression qu’exerce leur situation sur le budget de l’Etat en réduisant les subventions qui pèsent déjà sur la trésorerie de l’Etat. D’après les données du ministère des Finances, les 10 principales entreprises du Congo traînent une dette globale de 2 420, 2 milliards de Fcfa en 2021 contre un chiffre d’affaires de 577,6 milliards de Fcfa. La Société nationale des pétroles du Congo (Snpc) tient le peloton de tête avec un encours de 1 909,6 milliards de Fcfa, suivie de la Centrale électrique du Congo (CEC) 338,5 milliards de Fcfa, Énergie électrique du Congo (E²C) 70, 4 milliards de Fcfa ou encore le Port autonome de Pointe-Noire qui enregistre une dette de 54, 5 milliards de Fcfa en 2021.
C'est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement de Libreville réuni en Conseil des ministres en mi-octobre 2022, a adopté une règle contraignant la vingtaine d’entités publiques à verser des dividendes à l’Etat propriétaire. En effet, les pouvoirs publics ont constaté que le portefeuille des entreprises publiques souffre d’un déficit de performance et se caractérise par une absence de résultats financiers positifs garantissant un retour sur investissement. Or, pour le FMI, « la diversification de l’économie (au Congo) dépendrait de réformes visant, entre autres, à assainir les entreprises publiques et à accroître l’efficacité du secteur financier».
Dans un contexte où le taux d’endettement du Congo (ratio dette/PIB) reste très largement au-dessus du seuil communautaire de 70% défini dans la Cemac, un impact positif des contrats de performances réduirait à coup sûr l’encours de la dette. Selon la Caisse congolaise d’Amortissement (CCA), l’État congolais et ses démembrements cumulent 8 497,28 milliards Fcfa de dette (intérieure et extérieure) en 2023 représentant 98,96% du PIB. Ce volume est en augmentation en comparaison aux 8 149,54 milliards Fcfa soit 93,77% du PIB en 2022.








