Le Conseil Constitutionnel, l'organe suprême du contentieux électoral au Cameroun, a rendu son arrêt ce 5 août 2025, validant le rejet de la candidature de Maurice Kamto. Une décision intervenue en début d’après-midi et selon laquelle, les arguments présentés par Maurice Kamto n'étaient pas « fondés ». La haute juridiction a validé les motifs invoqués par Elections Cameroon (Elecam), l'organe en charge du processus électoral, confirmant ainsi l'irrecevabilité de la candidature de l'opposant.
Cette décision est sans appel et met un terme aux ambitions électorales de Maurice Kamto pour le scrutin du 12 octobre 2025. Son dossier de candidature avait été invalidé par Elecam le 26 juillet 2025. La raison invoquée était la "pluralité d'investiture" par le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), le parti sous la bannière duquel l’enseignant émérite de droit s'était présenté.
Irrégularités
Selon Elecam, ce parti avait investi un autre candidat, M. Dieudonné Yegba, ce qui est contraire à la loi électorale. Le camp de Maurice Kamto a immédiatement contesté cette décision, dénonçant une « opération mafieuse » et une « injustice manifeste ». Il avait aussitôt saisi le Conseil Constitutionnel d’une demande en annulation de la décision d'Elecam.
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Le 4 août, face aux membres du Conseil, le candidat du Manidem a soutenu que toutes les pièces requises avaient été fournies dans les délais. Il a insisté sur le fait qu’aucun document ne manquait dans son dossier. Aussi a-t-il relevé que même l’organe électoral n’avait soulevé aucune irrégularité formelle concernant le contenu de son dossier. Le seul motif invoqué par l’institution électorale était la « pluralité d’investitures ».
Pluralité d’investitures
Les avocats du candidat malheureux à la présidentielle de 2018 ont argumenté que les accusations de double investiture étaient infondées et qu'elles relevaient d'une manipulation politique orchestrée par le ministère de l'Administration territoriale. Selon eux, le véritable président du Manidem, M. Anicet Ekanè, n'avait pas investi de second candidat.
Pour l’opposant, qui a également rejeté cette allégation, il ne pouvait y avoir de pluralité d’investitures dès lors que celui qui se présente comme un candidat alternatif ne dispose d’aucune preuve d’appartenance actuelle au parti. Selon lui, Dieudonné Yebga aurait cessé d’être membre du Manidem depuis 2018, selon les documents produits par sa défense. Un faisceau d’arguments qui n’a pas infléchi la position du Conseil qui a trouvé « non fondé » son recours et l’a rejeté. Idem pour Dieudonné Yebga.
Liste définitive
Le rejet de la candidature de Maurice Kamto a des implications majeures pour l'élection à venir. Arrivé deuxième lors de la présidentielle de 2018, il était considéré comme le principal challenger du président Paul Biya. Son éviction rebat les cartes et ouvre la voie à d'autres candidats de l'opposition qui espèrent capitaliser sur l'électorat du MRC.
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Alors que le Conseil Constitutionnel a également statué sur les autres recours, la liste définitive des candidats est désormais connue, donnant le coup d'envoi officiel à la campagne électorale. La liste des 13 admis d’Elecam est donc considérée comme définitive après l’examen des recours déposés au Conseil constitutionnel. Il s’agit de : Ateki Seta Caxton (PAL), Bello Bouba Maigari (UNDP), Osih Joshua (SDF), Paul Biya (RDPC), Bouga Habge (MCNC), Issa Tchiroma (FSNC), Kwemo Pierre (UMS), Iyodi Hiram Samuel (FDC), Libii Li Ngue Cabral (PCRN), Matomba Serge Espoir (PURS), Tomaino Ndam Njoya (UDC), Akere Muna (Univers) et Hilaire Dzipan (MP).
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