Perenco est actuellement sous le feu des projecteurs. Le groupe pétrolier franco-britannique fait l’objet de deux enquêtes judiciaires pour des faits liés à ses activités en République du Congo. Les investigations, menées par le Parquet national financier (PNF) qui occupe le 20e étage du Tribunal de Paris en France, s'intéressent de près aux conditions d'attribution en 2017, de la concession Pointe-Noire Grand Fond (PNGF), un champ pétrolifère stratégique dans le sud de ce pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
Tout part d’une chasse aux sorcières menée par les autorités norvégiennes qui, en décembre 2021, ont perquisitionné le siège d'une société liée à Perenco, Petronor E&P, à Oslo. Cette action a marqué le début d'une enquête sur des faits présumés de corruption en lien avec l'acquisition de licences pétrolières au Congo-Brazzaville. Petronor, par le biais de sa filiale Hemla, détient 20% des parts dans le champ PNGF, tandis que Perenco en détient 40%, ce qui en fait l'actionnaire majoritaire et l'opérateur du site.
Selon Investigate Europe et Disclose, deux coalitions de journalistes d'investigation de renommée mondiale, un membre de la famille présidentielle du Congo aurait aidé Hemla à décrocher la concession au point de récupérer « 15% du capital de sa filiale congolaise », en empochant près de « 3,3 millions de dollars (près de 2 milliards de Fcfa) de dividendes » en 2018. Le site dégage plus de 30 000 barils par jour, soit le tiers de la production de Perenco dans le pays. L’intérêt de la justice française pour cette affaire à forte odeur de corruption répond à une demande d’entraide de la justice norvégienne, qui suit de près le dossier.
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En parallèle, les enquêteurs mènent des investigations sur des soupçons d'emploi fictif au sein de Perenco, impliquant un membre de la famille d'André-Raphaël Loemba, ancien ministre congolais des Hydrocarbures. Ce recrutement, s’il est avéré constituerait un levier d'influence pour obtenir des faveurs politiques. Contactée par EcoMatin en début de semaine, la division de la communication du groupe pétrolier franco-britannique n’a toujours pas réagi. Entre temps, les autorités norvégiennes et françaises continuent de creuser pour découvrir l'étendue de ces pratiques douteuses, tandis que Perenco se retrouve confronté à une situation qui pourrait non seulement ternir sa réputation, mais aussi mettre en péril ses opérations en Afrique centrale.
Notamment dans un contexte où le groupe pétrolier vise à augmenter sa production pétrolière au Congo, en investissant dans de nouvelles technologies et équipements innovants. Ces initiatives ont déjà permis d'améliorer la récupération de pétrole dans les champs matures, notamment à Likouala et Emeraude, où la production a augmenté de 70 000 à 80 000 barils par jour en 2022. Le groupe ambitionne désormais d'atteindre les 100 000 barils/jour. Présent au Congo depuis 2001, Perenco, troisième opérateur pétrolier du pays derrière TotalEnergies et Eni, a su faire croître sa production de 4 000 barils/jour en 2001 à 70 000 barils en 2021, avec un record de 15 000 barils/jour provenant du champ Litanzi en 2022.








