alios-cameroun-27-10-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Crise au NOSO: déjà 421 milliards de pertes financières, haro sur les violences !

Les exactions se multiplient dans les deux régions contre les écoles, avec à la clé des assassinats d’élèves et des enseignants. L’horreur la plus récente étant l’attaque à la bombe la semaine dernière du Lycée bilingue d’Ekondo Titi. Les édifices publics, les routes, les biens communautaires tombent en ruine, et l’économie des deux régions suffoque, avec une perte de points considérable qui impacte sur le PIB au niveau national.

Publiée vendredi 3 décembre 2021 à 11:43:10Modifiée lundi 6 décembre 2021 à 11:28:12Temps de lecture 8 minPar Yannick KENNE

Sonara détruite
La Sonara a payé le plus lourd tribut de cette crise en 2019

La communauté nationale est meurtrie depuis le milieu de semaine dernière par un autre crime de plus, le crime de trop contre l’Education, l’Enfance, l’Humanité simplement. On a fondu en sanglots après l’assassinat par balle de la jeune Caroline Enondiale survenu le mois dernier à Buea suite à un incident provoqué le gendarme Achille Mvogo, lui aussi lapidé sur le champ par la population en furie ; on s’en était à peine remis qu’une scène similaire, cette fois-là à Bamenda, est venue en rajouter à nos meurtrissures, avec l’assassinat de la jeune Brandy Tataw par un policier ; et comme si ça ne suffisait pas, une autre tragédie est survenue en milieu de semaine dernière et nous a lacérés complètement les cœurs : une attaque terroriste contre un établissement scolaire dans la localité d’Ekondo Titi, département du Ndian, région du Sud-Ouest.

Lire aussi : Le Groupe Sabc offre 1 milliard de Fcfa pour la reconstruction des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest

La scène s’est produite dans la matinée du 24 novembre 2021 aux environs de 8 heures, au Lycée Bilingue d’Ekondo Titi. En effet, « une dizaine d’assaillants sécessionnistes, perfidement vêtus d’uniformes militaires et munis d’armes automatiques », ont fait irruption dans ce lycée dénommé « Grammar School », et « ont froidement ouvert un feu nourri et aveugle en direction des salles de classe où se trouvaient déjà élèves et enseignants en cours, avant d’actionner un engin explosif improvisé », apprend-on d’un communiqué rendu public jeudi dernier par le Chef de la division de la Communication au ministère de la Défense, le capitaine de vaisseau Cyrille Serge Atonfack Guemo. A la suite de cette horreur, cinq personnes ont perdu la vie, dont une enseignante et quatre élèves âgés de 12 à 17 ans, et sept élèves blessés dont un grièvement.

L’éducation en danger

Un crime contre l’école en tant qu’institution, qui rappelle celui-ci commis le 24 octobre 2020 au Mother Francisca International Bilingual Academy de Kumba dans la région du Sud-Ouest. Par un modus operandi quasi similaire, des hommes armés avaient fait irruption dans cet établissement scolaire à bord de motos, et avaient également ouvert le feu sur des pauvres élèves âgés de 9 et 12 ans en pleine salle de classe, laissant 8 morts sur le carreau et une douzaine de blessés. Il va sans dire que l’éducation est désormais la cible des assaillants résolument engagés à mettre à mal la communauté éducative malgré la levée de boucliers de la communauté internationale.

Lire aussi : Reconstruction du Nord-Ouest et du Sud-Ouest : la tournée de Joseph Dion Ngute apaise la communauté des affaires

Dans la foulée de la tuerie d’Ekondo, plusieurs représentations diplomatiques installées au Cameroun ont exprimé leur consternation et condamné à l’unanimité cette dérive inacceptable contre l’Education. L’Union Européenne a condamné fermement des « violences perpétrées contre les écoles et les civils », en prescrivant que des enquêtes judiciaires soient ouvertes pour traquer les auteurs de ces atrocités. Les Etats-Unis jugent « inacceptables » ces attaques qui « doivent cesser ». Le Royaume-Uni leur emboite le pas : « l'enfant a le droit d'aller à l'école et d'être enseigné par un enseignant. Ils ne doivent en aucun cas être ciblés », rappelle la mission diplomatique britannique au Cameroun. Le Canada rappelle pour sa part que le 29 octobre 2021, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté à l'unanimité la résolution 2601 sur la protection de l'éducation dans les conflits armés. Et que par conséquent, les parties belligérantes sont tenues de protéger l’école en tant qu’institution dans le cadre des conflits. La rédaction d’EcoMatin s’associe à ce concert de dénonciations et s’érige contre ces atteintes graves et déshumanisantes contre l’Education, et condamne par ailleurs la violence sur toutes ses formes, en appelant à un retour à la paix, pour préserver des vies, et sauver l’économie.

Ralentissement de l’activité économique

Le conflit armé au Nord-Ouest et au Sud-Ouest a considérablement décimé l’économie des deux régions, selon les données rendues publiques par le Coordonnateur national du Plan présidentiel de reconstruction des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, Paul Tasong, mardi dernier lors de son passage à l’Assemblée nationale. Le secteur productif, le commerce extérieur et les finances publiques ont été sérieusement impactés. A titre d’illustration, concernant le secteur productif, la production de riz paddy dans la localité de Ndop a enregistré une baisse moyenne annuelle de 14,5% entre 2017 et 2019 ; la production d’huile de palme est passée de 37 400 tonnes en 2016 à près de 4 300 tonnes en 2019, soit une baisse de près de 90% ; dans la filière banane, la production de la région du Sud-Ouest est passée de 125 019 tonnes en 2016, pour s’établir à 16 897 tonnes en 2019, en raison de l’arrêt complet des activités de la Cameroon Development Corporation (CDC) en 2018 ; quant à la filière cacao, la région du Sud-Ouest n’a représenté que 29% de la production commercialisée au terme de la campagne 2019/2020 à l’échelle nationale, contre 41% lors de la campagne 2015/2016 ; quant aux industries manufacturières, leur sous-performance est justifiée par une baisse de la consommation d’énergie de 19,5% en 2017, de 6% en 2018 et de 25% en 2019.

Lire aussi : NOSO : l’état mobilise 8,9 milliards de FCFA pour la reconstruction des zones anglophones

Dans le domaine de l’hôtellerie, le taux d’occupation des chambres des établissements hôteliers des deux régions sur l'ensemble de la période 2017-2020 est en forte baisse. Cet indicateur est passé dans la région du Nord-Ouest de 57,7% en 2016 à 13,7% en 2020. Dans la région du Sud-Ouest, il est passé de 48% en 2017 à 1,3% en 2020. Et l’activité dans ce secteur continue à se détériorer contrairement aux autres secteurs qui commencent à se revigorer.

421,3 milliards de F de pertes

Au demeurant, dans le secteur bancaire, l’activité est plutôt en nette progression. Le volume des dépôts bancaires effectués dans les deux régions est passé de 164,5 milliards de FCFA en 2017 à 215,5 milliards de F en 2020. Aussi, l’activité de crédit connait une tendance haussière, le volume de prêts accordés étant passé de 83,6 milliards en 2018 à 96,5 milliards en 2020. Le commerce extérieur est sérieusement impacté avec une baisse des échanges commerciaux entre le  Cameroun et le Nigeria. Ils sont passés de 15,6 milliards de FCFA en 2015 à 2,9 milliards de FCFA en 2019, soit une baisse de plus de 81%. Cette baisse s’observe aussi bien pour les exportations qui ont chuté de -68,9%, que pour les importations impactées de -85%.

Lire aussi : Reconstruction du NOSO : 36 milliards de FCFA pour la première année

De plus, il apparait que la structure de ces échanges a également changé. Par exemple, les importations étaient dominées en 2016, avant le déclenchement de la crise, par les véhicules, les pièces détachées et accessoires pour véhicules, les appareils électro-ménagers, la vaisselle et autres articles ménagers. En En 2019, il y a eu une baisse importante de ces produits et l’émergence de nouveaux tels que la bière de malt, les produits de beauté, les serviettes et tampons hygiéniques. Des produits faiblement importés dans la proportion des 15% d’importations qui restent de ces échanges commerciaux. « Globalement, la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a induit une perte au niveau national de 0,8 point de croissance du PIB en 2019 et de 0,3 point en 2020. En 2019, les branches les plus affectées sont celles de l’agriculture industrielle et d’exportation, du transport, du commerce et des industries manufacturières. Ces pertes de point de croissance correspondent à une perte en termes réelles cumulée sur le PIB au niveau national de 421,3 milliards de FCFA entre 2017 et 2020 », indiquait alors le coordonnateur du PPRD-NO/SO, par ailleurs ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du Territoire.

Lire aussi : Reconstruction du Noso : ce que Joseph Dion Ngute ramène du Gicam

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Crise au NOSO: déjà 421 milliards de pertes financières, haro sur les violences !
Archive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

EpremiumDélestagePolitiques PubliquesCameroun/coupures d’électricité : 126 heures par client en 2025 selon l’ARSEL, 46 heures selon SOCADELLa mise en service complète du barrage hydroélectrique de Nachtigal (420 MW) n'a pas empêché une nouvelle dégradation de la qualité du service électrique au Cameroun. Selon l'ARSEL, la durée moyenne des coupures a augmenté de 29 % en 2025, alors que les volumes d'électricité injectés sur le réseau progressaient de 5,7 %.il y a 17 heuresEpremiumeneoPolitiques PubliquesÉlectricité : le Cameroun prévoit 40 milliards FCFA par an jusqu'en 2029 pour restructurer la Socadel La Société camerounaise électricité devra se redresser avec 40 milliards dès 2027. Une enveloppe jugée « faible » par les conférences budgétaires, alors que son prédécesseur a laissé une dette de 850 milliards FCFA.il y a 17 heuresEpremiumWhatsApp Image 2026-10-29 at 12.27.31Politiques PubliquesCameroun : l'État envisage de reprendre à sa charge la dette issue du contrat rompu avec TollcamPlus de deux ans après la suspension du partenariat avec Tollcam, le gouvernement camerounais cherche toujours à régler les conséquences financières de cette rupture. L’opérateur réclame 30 milliards FCFA à l’État.il y a 23 heuresART - Orange Cmr1Politiques PubliquesCameroun : l’ART opère une mission d’inspection des investissements et réalisations d’Orange Cameroun à DoualaA l’issue d’un conclave tenu la semaine dernière dans la capitale économique, l’Agence de régulation attend des actions de l’opérateur et plusieurs décisions ont été prises.il y a 1 jourAlbert II de MonacoPolitiques PubliquesCameroun : le Prince Albert II de Monaco attendu à Yaoundé ce 30 octobreComme EcoMatin l’a annoncé en exclusivité en septembre dernier, l’arrivée du Souverain de Monaco au Cameroun, vingt-trois ans après, est une visite aux accents diplomatiques, alors que les échanges commerciaux entre les deux pays restent marginaux.il y a 1 jourEpremiumWhatsApp Image 2026-10-27 at 14.08.21Politiques PubliquesYaoundé : de la Sotuc à STM, l'interminable échec du transport public par busDe la Sotuc à Salem Tours Mfoundi, en passant par « Le Bus » et Stecy, Yaoundé a vu se succéder quatre opérateurs de transport urbain sans parvenir à installer un réseau de bus durable. Le dernier en date, sélectionné en décembre 2023, vient de perdre son contrat sans avoir mis un seul véhicule en circulation. La mairie cherche désormais un nouvel exploitant. il y a 2 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : le patron de Gulfcam démissionne pour prendre la tête d'un distributeur pétrolier au Congoil y a 3 jours2Groupe Ecobank : une assemblée annulée, des administrateurs menacés de révocation et une gouvernance sous tensionil y a 1 jour3Pétrole : la SNH impose aux futurs opérateurs de six blocs un minimum de 250 000 USD/an pour former les Camerounaisil y a 4 jours4Cameroun : le Prince Albert II de Monaco attendu à Yaoundé ce 30 octobreil y a 1 jour5Bertrand Mbouck prend la tête de Dangote Oil & Gas Cameroon, nouvelle société du groupe Dangote dédiée aux hydrocarburesil y a 1 jour6Produits pétroliers : comment le Cameroun a négocié son approvisionnement en carburants avec Dangoteil y a 1 jour7Le parapétrolier français Stapem Offshore ouvre une nouvelle succursale au Congoil y a 3 jours8Abidjan, Lomé, Libreville… : Idrissa Nassa remanie les états-majors de Coris Bank en Afriqueil y a 6 jours9Congo : l’État accorde dix ans d’avantages fiscaux et douaniers aux activités de Franprix à Brazzavilleil y a 6 jours10Cameroun : Elvis Berlin Mouafo élargit son empire commercial à la microfinanceil y a 3 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.