Le ministre de l'Eau et de l'Énergie du Cameroun, Gaston Eloundou Essomba, a lancé le 5 janvier 2025, un avis à manifestation d’intérêt en vue de la sélection des bureaux d’études techniques. Ceux-ci auront pour but de réaliser et livrer les études techniques détaillées et les études d’impact environnemental dans le cadre de la construction d’un point public rural de distribution de produits pétroliers dans la localité de Poli, département du Faro, région du Nord.
L'initiative ministérielle s'inscrit dans une réponse stratégique aux défis conjoncturels et structurels qui marquent le marché. En effet, le secteur de la distribution des produits pétroliers a connu une transformation radicale au tournant des années 2000. Le socle de cette mutation est le décretn°2000/935/PM du 13 novembre 2000, qui fixe les conditions d'exercice des activités pétrolières "aval" (transport, stockage et distribution).
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Depuis lors, les importantes réformes structurelles effectuées ont permis un développement fulgurant du réseau de stations-service grâce à l'action conjuguée de la demande sans cesse croissante en produits pétroliers et la multiplication des markéters. « Néanmoins,malgré les progrès enregistrés, le Ministère de l'Eau et de l'Energie (MINEE)est régulièrement interpellé sur l'inégale répartition des stations-service sur l'ensemble du territoire national et en particulier dans les zones rurales. Le besoin dans ces zones se fait criard et pousse les citoyens à se tourner de plus en plus vers les produits frelatés et/ou de contrebande, ou encore vers le bois de chauffe comme substitut du GPL dans certaines zones pourtant à écologie très fragile. Cette situation crée un manque à gagner énorme pour les ménages, mais aussi pour l'Etat, sans ignorer les conséquences désastreuses de la manipulation de ces produits pour l'environnement et la sécurité des hommes et des biens », déplore le MINEE.
D’après les chiffres du MINEE, à date, deux départements entiers ainsi que 189 arrondissements sur 360 — soit 52,5 % du découpage administratif — sont totalement dépourvus de stations-service. Le rythme actuel de croissance (environ 30 nouvelles stations par an, dont seulement 4 en zone rurale) est jugé trop lent : à ce compte, il faudrait trois décennies pour résorber la fracture.
Pour inverser la tendance, le gouvernement a décidé de prendre les devants. « Il est impératif pour le Gouvernement de trouver d'autres voies et moyens pouvant permettre l'atteinte des résultats escomptés à court ou à moyen terme. A cet effet, le gouvernement envisage la construction des stations-service rurales dans les zones qui en sont dépourvues. La construction de ces infrastructures de base permettra aux populations d'accéder à d'autres formes d'énergies ainsi qu'aux nombreux services connexes qui y sont associés », annonce Gaston Eloundou Essomba.
À l’étape actuelle, il n’existe pas encore de coût prévisionnel pour le projet de Poli qui entre dans sa phase de conception technique. Les études annoncées visent notamment à formuler des solutions techniques fiables offrant le meilleur rapport qualité/prix via des matériaux adaptés à la zone cible, réaliser des études d'impact environnemental pour sécuriser les installations, proposer un modèle de contrat de distribution et analyser la rentabilité prévisionnelle pour assurer la fonctionnalité pérenne de l’ouvrage, etc.
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