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Eaux minérales : ces faiblesses qui fragilisent Vital et Tangui

Malgré un résultat net positif sur les quatre derniers exercices, la Société des eaux minérales du Cameroun subit toujours des pertes opérationnelles. Cette filiale du groupe Boissons du Cameroun n’a pas encore retrouvé sa viabilité économique d’antan du fait de la guerre des prix dans le secteur.

Chiffre d’affaires en hausse, bénéfice en baisse. Ainsi devrait se résumer l’année 2022 de la société des eaux minérales du Cameroun (SEMC) si ses projets des états financiers de synthèse pour l’exercice clos au 31 décembre sont vérifiés et confirmés sans réserve par les commissaires aux comptes. Selon les données provisoires publiées le 18 avril 2023, cette filiale du groupe Boissons du Cameroun, spécialisée dans la production et la commercialisation des eaux minérales (Source Tangui et Vitale) devrait réaliser un chiffre d’affaires de 10,528 milliards de FCFA en 2022 et un résultat net de 504,9 millions, en recul de 42% par rapport à 2021. Par ailleurs, les actionnaires dont l’Etat (qui détient 18% du capital) ne devraient pas recevoir de dividende ; pour la huitième année consécutive.

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Autant dire que si l’entreprise marque à nouveau des points dans la « bataille de l’eau », avec des résultats excédentaires depuis 2019 grâce notamment à l’accroissement des volumes de vente et la maitrise des charges, elle n’est pas encore en mesure de rétribuer ses propriétaires. En effet, l’analyse des états financiers provisoires de SEMC révèle des faiblesses aux plans économique et financier qui appellent une réponse efficace du top management.

Au niveau de la performance économique, on note que le chiffre d’affaires progresse de 620,8 millions de FCFA pour se situer à 10,528 milliards. Mais la valeur ajoutée créée tombe à 3,268 milliards, soit un recul de 803,5 millions par rapport à 2021. L’analyse de l’évolution des actifs immobilisés soit 3,027 milliards en 2022 contre 4,020 milliards en 2021 et l’évolution de l’excédent brut d’exploitation révèle un rendement global respectif de 0,77 et 0,76. Ainsi, bien qu’elle ait renoué avec les bénéfices depuis 2019, SEMC subit toujours des pertes opérationnelles. Ce qui peut s’expliquer par la guerre des prix dans le secteur ultra concurrentiel des eaux minérales.

Rentable mais fragile

Néanmoins, l’entreprise maintient la tête hors de l’eau avec un bénéfice à 504 millions de FCFA. C’est le quatrième d’affilé après 2021 (872,6 millions), 2020 (331 millions) et 2019 (79,173 millions). Bientôt peut-être, la « période sombre », quand l’entreprise accumulait les pertes (-316 millions en 2016, -936 millions en 2017 et -799 millions en 2018) ne sera plus qu’un lointain souvenir. Mais le solde du report à nouveau reste débiteur à 151 millions contre 651,9 millions de FCFA en 2021. Si l’entreprise dégage à nouveau un profit conséquent en 2023, qui lui permet d’effacer l’entièreté de ses pertes, SEMC pourrait alors renouer avec la distribution des dividendes.

Sur le plan de la profitabilité, SEMC affiche une marge d’exploitation de 0,23 contre 0,31. En d’autres termes, c’est ce que l’entreprise gagne pour un chiffre d’affaires de 100 FCFA réalisé, indépendamment de ses politiques de financement et d’investissement. De même, malgré une économie de 82,2 millions, les charges du personnel évaluées à 926 564 090 FCFA représentent néanmoins 28,35% de la valeur ajoutée créée par l’entreprise en 2022. Bien plus qu’en 2021 où ce ratio était de 24,78%. En recul d’une année à l’autre, la valeur ajoutée créée est donc absorbée en partie par les charges du personnel (salaires et autres charges liées). Ce qui peut rendre plus difficile la rémunération des autres parties prenantes, notamment les actionnaires.

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Pour ce qui est de la performance financière, l’analyse des immobilisations corporelles révèle un ratio de vétusté de l’appareil de production de 18,2%. Ce qui explique sans doute le plan de remise à niveau l’outil de production en cours depuis juin 2017, afin d’alléger les charges de maintenance et de booster la productivité. Le ratio dettes financières/capitaux propres (0,28) établi la solvabilité de SEMC. Ce qui est de nature à rassurer ses partenaires financiers quant à sa capacité à honorer ses dettes. A titre d’exemple, le plan de développement 2017-2019 lancé par la nouvelle équipe à SEMC et axé sur une nouvelle campagne institutionnelle, le lancement de la marque eau Vitale, de nouveaux investissements et le levier RSE, a couté environ 400 millions, entièrement financé sur fonds propres. Même si l’entreprise n’éprouverait aucune difficulté à lever des ressources auprès des institutions financières.

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