Le 15 août dernier, le groupe sud-africain Nedbank a annoncé la vente de sa participation de 21,2 % dans Ecobank Transnational Incorporated (ETI) à Bosquet Investments Limited, le véhicule d’investissement du Camerounais Alain Nkontchou. La transaction, attendue pour le quatrième trimestre de 2025 après autorisations réglementaires, est évaluée à 1,8 milliard de rands 100 millions de dollars (près de 102 millions de dollars), soit l’équivalent de la valeur comptable de cette participation.
Pour Moody’s, cette cession constitue une décision stratégique positive pour le crédit de Nedbank, puisqu’elle lui permet de réallouer ses capitaux vers des zones jugées plus dynamiques comme l’Afrique de l’Est et la Communauté de développement de l’Afrique australe. Mais derrière ce désengagement se cache un constat moins reluisant : l’investissement de Nedbank dans ETI a été peu rentable. « L’investissement du groupe dans ETI n’a pas généré les avantages escomptés en raison de l’environnement opérationnel difficile au Nigeria », souligne Moody’s.
Selon l’agence, plusieurs facteurs ont pesé : un environnement opérationnel difficile au Nigeria, où se concentre une large part des activités d’Ecobank, le retrait progressif de nombreux clients sud-africains de ce marché, et l’absence de synergies tangibles entre les deux institutions. Résultat : en dix ans, Nedbank n’a perçu que 400 millions de rands (22,5 millions USD) de dividendes, tout en subissant des pertes latentes de 6,9 milliards de rands (près de 388 millions USD), dont 1,8 milliard en dépréciations. Un bilan jugé décevant pour un investissement initial de 500 millions USD.
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Désormais, c’est Alain Nkontchou qui prend le relais en misant sur le potentiel panafricain d’Ecobank. À travers son véhicule Bosquet Investments, il s’offre une part stratégique dans un groupe présent dans 38 pays dont 35 en Afrique, avec un actif total de 28,9 milliards USD en mars 2025. Cette transaction intervient alors que Moody’s a confirmé en juillet 2025 la note d’émetteur à long terme d’Ecobank à B3, assortie d’une perspective révisée de négative à stable. L’agence a salué « la performance financière résiliente d’ETI » et s’attend à ce qu’« une série d’initiatives et de mesures visant à renforcer le capital d’Ecobank Nigeria soient achevées avant la fin de 2025 ». Ce regain de confiance pourrait donner raison au pari d’Alain Nkontchou, là où Nedbank a peiné à concrétiser ses ambitions africaines.







