Les audiences publiques du projet de barrage hydroélectrique de Kikot-Mbebe (KHPC) se tiendront du 4 au 9 mai 2026, selon un communiqué publié le 9 avril par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (MINEPDED). Ces consultations portent sur l’Étude d’impact environnemental et social (EIES) du projet, d’une capacité de 500 MW.
Selon le ministère, ces audiences consistent en « l’ouverture d’une salle de lecture où seront mis à disposition les rapports de l’étude ainsi que des registres destinés à recueillir les observations du public ». Les séances se dérouleront de 10h à 16h dans les salles des actes des communes de Nyanon et Bot-Makak (région du Littoral), ainsi que de Nguibassal et Monatélé (région du Centre).
Au-delà de ces communes, les autorités entendent élargir la consultation aux zones riveraines. « Des équipes mobiles seront déployées pour couvrir les localités concernées », précise le ministère, qui invite les populations et l’ensemble des parties prenantes à participer activement à cet exercice. Le projet s’étend en effet sur plusieurs départements — Sanaga-Maritime, Nyong-et-Kéllé, Lékié et Mbam-et-Inoubou —, traduisant l’ampleur de ses impacts potentiels.
L’objectif de ces audiences est de recueillir les avis des populations locales et des parties prenantes sur les conséquences environnementales et sociales du futur ouvrage. En amont, un décret présidentiel signé le 19 mai 2025 a classé 527 hectares de terres dans le domaine public. Situées dans le département de la Sanaga-Maritime, ces parcelles, auparavant privées, ont été déclarées d’utilité publique, ouvrant la voie à l’indemnisation des personnes affectées.
Le projet Kikot-Mbebe est porté dans le cadre d’un partenariat entre l’État du Cameroun et le groupe EDF. Il prévoit la construction d’un barrage de 500 MW sur le fleuve Sanaga, dans la continuité du projet hydroélectrique de Nachtigal, avec pour objectif de renforcer durablement l’offre énergétique du pays.

Le coût de l’investissement est estimé à environ 1 050 milliards de FCFA. L’État camerounais devrait y contribuer à hauteur de 150 milliards de FCFA, le reste étant mobilisé auprès de partenaires financiers, dont EDF. La mise en œuvre est assurée par la société de projet Kikot-Mbebe Hydro Power Company, créée en septembre 2023.
Cette phase de consultation intervient dans un contexte où les grands projets hydroélectriques font l’objet d’une attention accrue quant à leurs impacts sociaux et environnementaux, notamment en matière de gestion des terres, de déplacements de populations et d’acceptabilité locale.















