Le projet d’exploitation du fer de Mbalam, à l’Est du Cameroun, est au déjà au stade de l’étude d’impact environnemental. C’est ce que révèle le ministère camerounais en charge de l’Environnement dans une note diffusée ce 16 octobre. Selon cette administration, la société Cameroon Mining Company (CMC), filiale du Singapourien Coconut Logic Holdings, a déposé auprès de ses services, un projet d’étude d'impact environnemental et social détaillée du projet d'exploitation du fer de Mbalam. Les audiences publiques y relatives sont programmées du 27 octobre au 1er novembre 2025 dans le département du Haut-Nyong.
« Les audiences publiques visent à recueillir les observations du public sur ladite étude. Le ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable invite par conséquent les populations et autres parties intéressées à participer activement à cet exercice », explique le ministère. Ces audiences se tiendront dans les localités ci-après : Ntam, Ngoyla, Canton Ngoyla Nord. Une équipe mobile couvrira les localités riveraines. La suite des prochaines étapes, à savoir, le lancement du projet et l’exploitation de la mine dépendront des résultats de ces audiences publiques. Si tout se passe, bien, CMC Sarl sera autorisée à poursuivre. Dans le cas au contraire, il faudra des ajustements.
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L’Etat du Cameroun a attribué, le 17 août 2022, le permis d’exploitation du gisement de fer de Mbalam à l’entreprise CMC. Ce que conteste la junior minière australienne Sundance Resources qui a saisi en juin 2021 la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce international de Paris afin d’obliger le pays à lui accorder un permis d’exploitation sur ce gisement de fer, après la convention minière du 29 novembre 2012 et l’accord de transition du 30 juin 2015. La procédure urgente devant cette juridiction française s’est achevée le 1er avril 2022, par une décision défavorable au Cameroun. Mais l’Etat a décidé de poursuivre son partenariat avec CMC tout introduisant un recours en arbitrage en France.
L’Etat camerounais défend le changement de partenariat au motif que Sundance Resources n’a pas été capable de lancer l’exploitation du fer de Mbalam depuis 13 ans. En effet, après plusieurs prorogations de sa licence d’exploration sur le projet, la junior minière australienne n’est pas parvenue à accrocher un partenaire technique et financier pour la mise en place des infrastructures relatives au projet minier de Mbalam (construction d’un chemin de fer plus de 500 km entre Mbalam et Kribi, de la mine et d’un terminal minéralier au port en eau profonde de Kribi). Des tentatives successives avec les sociétés chinoises China Gezhouba, en 2015, Tidfore Heavy Equipment Group Ltd, en 2018, et enfin AustSino, à partir de 2018, ont toutes été couronnées d’échec ou presque.
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Le Cameroun a donc décidé se tourner vers d’autres partenaires pour développer le projet minier, dont AutSino Resources Group Ltd et Bestway Finance. Ce que Sundance conteste devant les tribunaux estimant avoir été abusé par le Chinois AutSino qui a signé un contrat (volet chemin de fer) directement avec l’État du Cameroun, le 25 juin 2021 à Yaoundé.
Le gisement de fer de Mbalam-Nabeba, écartelé entre le Cameroun et le Congo est une réserve de niveau mondial. Son schéma d’exploitation prévoit un déploiement en deux phases. Sundance Resources Ltd, le premier développeur du projet, tablait sur une production annuelle, dans la première phase, de 40 millions de tonnes de minerai à enfournement direct, sur une période de 12 ans. La deuxième phase consistera à prolonger l’exploitation du gisement de plus de 15 ans, en produisant un concentré d’itabirite hématite à haute teneur. Pour en arriver là, des investissements globaux de plus de 5 000 milliards de FCFA devront être mobilisés.
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