Le Gabon veut renforcer le contrôle de sa filière bois à travers la mise en place d’un système numérique de traçabilité des grumes. L’annonce a été faite le 14 mars dernier par le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, qui évoque la création prochaine d’une centrale de données destinée à moderniser le suivi de la production forestière.
Concrètement, le dispositif reposera sur une plateforme permettant de tracer chaque arbre « de la grume au colis, de l’industrie à la forêt jusqu’au port ». Il s’agira notamment de suivre les opérations depuis la géolocalisation GPS avant la coupe, le cubage, jusqu’aux volumes acheminés vers les unités de transformation et aux quantités exportées.
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Pour les autorités, cette réforme vise à corriger les importantes incohérences observées dans les statistiques du secteur. « Il faut que les Eaux et Forêts et la Douane aient les mêmes chiffres, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui », a déploré le ministre, pointant également l’absence de contrôleurs indépendants pour vérifier le respect de la réglementation. En 2024, la production de 1,5 million de m³ de grumes a généré plus de 42 milliards de FCFA. À l’inverse, en 2025, un volume supérieur à 3 millions de m³ n’a rapporté que 31 milliards de FCFA. « Cela ne s’explique pas », a insisté Maurice Ntossui Allogo, évoquant des dysfonctionnements dans le suivi des flux et des recettes.
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Dans un pays où la forêt couvre près de 90 % du territoire, la filière bois constitue un levier économique majeur. Le bois transformé, deuxième produit d’exportation après le pétrole, représente environ 15 % des exportations totales, plus de 60 % du PIB hors hydrocarbures et près de 18 000 emplois directs.
Au-delà de la question de la transparence, le gouvernement cherche également à limiter les pertes liées à l’exploitation illégale. Malgré l’interdiction d’exporter des grumes, celles-ci sont estimées à environ 184 milliards de FCFA par an, selon des données publiées en 2024 par l’organisation Forest Trends.
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Cette initiative intervient dans un contexte moins favorable pour la filière. D’après la note de conjoncture sectorielle sur le premier semestre 2025, les industries du bois font face à une baisse de la demande extérieure et à des tensions sur les chaînes d’approvisionnement. L’indice de production du sciage a ainsi reculé de 8,2 %, avec des difficultés à écouler les stocks et un carnet de commandes peu orienté à l’export.








