Au Gabon, les autorités ont franchi une nouvelle étape dans la gestion du secteur pétrolier et gazier, pilier de l’économie du pays. Lors du Conseil des ministres du 19 décembre dernier, présidé par Brice Clotaire Oligui Nguema, des décrets créant trois nouvelles directions générales ont été adoptés. Ces nouvelles structures, à savoir la Direction générale de l'Amont Pétrolier et Gazier, la Direction Générale des Affaires Économiques, Juridiques et de Gestion des Données Pétrolières et Gazières, et la Direction Générale de l'Aval Pétrolier et Gazier, ont pour objectif d'optimiser la gestion de ce secteur stratégique et d'en assurer un développement durable.
Selon les informations concordantes, la direction générale de l'Amont Pétrolier et Gazier, placée sous l'autorité d'Aristide Nyamat Bantsiva, est chargée de mettre en œuvre la politique gouvernementale dans ce secteur stratégique. Elle veille à l'application stricte de la réglementation et assure la conformité des opérations menées par les opérateurs.
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La Direction Générale de l'Aval Pétrolier et Gazier, dirigée par Thibault Gael Idoumi, est responsable de l'organisation et de la supervision des activités de l'aval. Ses missions incluent la garantie de la qualité et de la sécurité des approvisionnements en produits pétroliers et gaziers, ainsi que la supervision de l'entreposage et du stockage. Elle collabore étroitement avec les administrations compétentes pour assurer le respect de la réglementation environnementale.
Enfin, la Direction Générale des Affaires Économiques, Juridiques et de Gestion des Données Pétrolières et Gazières, dirigée par Duplex Yockot, a pour mission d'encadrer les aspects économiques et juridiques du secteur. Elle gère les titres pétroliers et gaziers, les données relatives à ces activités, et conduit les négociations contractuelles. Elle est également responsable de la fixation des prix et de la gestion des revenus issus des hydrocarbures.
Une stratégie ambitieuse
La reconfiguration du secteur des hydrocarbures gabonais s'inscrit pleinement dans le cadre du Plan d'Accélération de la Transformation (PAT), adopté par les autorités pour diversifier l'économie et renforcer sa résilience face à la volatilité des prix des matières premières. En effet, la signature d'un nouveau contrat d'exploitation et de partage de production avec Maurel & Prom, intervenue en septembre dernier, marque un tournant important dans la mise en œuvre du PAT. Ce contrat, conclu quatre ans après la promulgation du nouveau code pétrolier (en 2019), témoigne de la volonté du Gabon de relancer son secteur pétrolier et d'exploiter pleinement son potentiel gazier, estimé à près de 29 milliards de mètres cubes. Les réserves de pétrole du pays, estimées à 3,68 milliards de barils en 2024, offrent également de belles perspectives.
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Pour atteindre ces objectifs, on se souvient que le gouvernement a mis en place une stratégie ambitieuse comprenant des négociations directes avec les investisseurs et des mesures incitatives pour encourager l'exploration et l'exploitation des ressources. L'objectif à terme étant de développer les 79 blocs encore inexploités sur un total de 96, afin de diversifier les sources de revenus et de renforcer la sécurité énergétique du pays.
La création de trois nouvelles directions générales, spécialisées dans différents aspects du secteur pétrolier et gazier, devrait permettre d'accélérer la mise en œuvre de cette stratégie en renforçant les capacités de gestion et de régulation du secteur.
Gab'Oil : un boulet pour le PAT ?
Il est important de noter que cette accélération du Plan d'Accélération de la Transformation (PAT) intervient dans un contexte particulièrement difficile pour le secteur des hydrocarbures. Gabon Oil Company (Gab'Oil), entreprise publique du secteur, est confrontée à une crise financière profonde, caractérisée par une dette colossale de 56 milliards de Fcfa envers la Société gabonaise de raffinage (Sogara) et des pertes cumulées de 10 milliards de FCFA sur trois exercices consécutifs. Ces difficultés financières, aggravées par des créances impayées de 29 milliards de Fcfa envers la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), ont considérablement fragilisé la situation financière de l'entreprise et limité ses capacités d'investissement. Les récentes instabilités au sein de la direction de Gab'Oil, marquées par le remplacement successif de trois directeurs généraux en une seule année, témoignent de l'ampleur des défis auxquels est confronté ce secteur clé de l'économie gabonaise. Cette situation complexe pourrait potentiellement ralentir la mise en œuvre du PAT, qui vise pourtant à redynamiser le secteur pétrolier et gazier.










