Au Gabon, le gouvernement a initié une nouvelle réglementation pour son secteur maritime national. Le 23 avril, le ministre des Transports et de la Marine Marchande, Jonathan Ignoumba, a présenté et défendu deux projets de loi devant le Sénat. Selon les informations du ministère, « le premier texte vise à rendre obligatoire l’emport d’un système d’identification à bord de tous les navires opérant dans les eaux gabonaises. Cette mesure s’inscrit dans un effort de modernisation et de sécurisation accrue du trafic maritime, tout en facilitant le contrôle et la surveillance des mouvements en mer. » Le second projet de loi quant à lui porte sur la répression des actes de pollution de la mer par les navires. « Il traduit la volonté ferme du gouvernement de renforcer le cadre juridique pour la protection de l’environnement marin, en sanctionnant plus efficacement les comportements illicites nuisant aux écosystèmes marins. », précise un communiqué du département ministériel, affirmant que ces initiatives s’inscrivent dans la politique de gouvernance maritime durable et répondent aux exigences internationales en matière de sécurité et de préservation des espaces maritimes.
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Bien que présentés sous une forme dynamique, ces projets de loi ne laissent que peu de doute quant à leur objectif : une offensive du gouvernement contre l’usurpation de l’identité gabonaise et les allégations de participation du pays aux activités de l’ombre. Ces mesures surviennent dans un contexte où le Gabon figure parmi les pays dont les navires sont fortement soupçonnés de participer à la flotte fantôme russe. En effet, en 2024, une enquête de RFI a révélé l'implication d'au moins 40 navires pétroliers battant pavillon gabonais dans des ports russes, impliqués dans des activités visant à contourner les sanctions occidentales imposées à Moscou. Selon RFI, sur les 95 tankers utilisant ce pavillon, au moins 40 ont fait escale dans des ports russes avant de se diriger vers la Chine, l’Inde ou la Turquie, principaux clients de la Russie. Durant cette période, le ministère des Transports gabonais a annoncé le retrait du pavillon à 28 navires pour « activité non conforme », sans plus de détails. Peu après, 13 de ces navires ont ensuite été immédiatement enregistrés sous pavillon russe. Cette tendance persistante en 2025 exaspère le gouvernement, qui a décidé de réagir.
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En Afrique centrale, le Gabon emboîte ainsi le pas au Cameroun dans la mise en place des procédures visant à avoir le contrôle de son secteur maritime. Le pays de Paul Biya, également soupçonné de participer à la flotte fantôme russe, a mis en place en décembre dernier une plateforme d’immatriculation numérique des navires afin d’avoir le contrôle sur son parc estimé à 200 navires battant sous son pavillon.




