L'État gabonais prévoit de collecter 739,09 millions de FCFA de recettes en 2026, pour la première année d'opérationnalisation du Fonds stratégique pour la transformation du manganèse, selon les projections de la loi de finances rectificative (LFR) publiée le 17 juillet. Ce compte d'affectation spéciale centralise les prélèvements sur l'exploitation minière, en prélude à la suspension des exportations de minerai brut programmée pour janvier 2029. « Il s'agit d'isoler ces flux pour qu'ils ne soient pas dilués dans le budget général de fonctionnement de l'État, mais sanctuarisés pour financer l'amorçage industriel », analysent des experts du secteur minier.
Géré au Trésor public par les ministères de l'Économie et des Mines, ce dispositif affiche des prévisions en baisse de 715,2 millions de FCFA (-49 %) par rapport à l'objectif de 1,4 milliard de FCFA inscrit dans la loi de finances initiale (LFI). La collecte découle d'obligations légales, incluant une fraction des taxes d'extraction, des droits de sortie, le versement des dividendes de l'État et un mécanisme de bonus adossé aux quotas de transformation locale des opérateurs. Classé dans la catégorie des « dispositions relatives aux établissements publics », ce fonds représente 0,28 % des 263,1 milliards de FCFA de recettes concédées par l'État aux établissements publics au titre de l'exercice, selon le document.
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Il faut noter que ce cadre fiscal contraint les sociétés minières actives dans l'extraction du manganèse au Gabon, Eramet, Coalsal, entre autres, à modifier leur modèle de production sous peine de taxes compensatoires. Si les montants ciblés pour cet amorçage restent inférieurs aux revenus tirés de l'exportation de minerai brut, projetée à 9 millions de tonnes en 2026 sur la base d'un cours de 4,4 dollars la tonne, le dispositif amorce la captation d'une partie de la rente liée à la transformation de ce minerai utilisé par l'industrie sidérurgique.
Rappelons que cette obligation de transformation s'inscrit dans un plan d'aménagement plus large engagé en décembre 2024 par les autorités gabonaises. Pour accroître la valeur ajoutée du secteur, le Gabon, deuxième producteur mondial de manganèse, a notamment prévu la construction d'infrastructures d'appui industriel, dont le chemin de fer Belinga-Booué-Mayumba, la centrale hydroélectrique de Booué et le port en eau profonde de Mayumba, destinés à fournir la logistique et l'énergie aux futures unités métallurgiques.
En mai 2025, le pays a annoncé son projet d'interdire les exportations de minerai brut à partir de 2029. Depuis cette annonce, plusieurs opérateurs ajustent leurs capacités industrielles. Un récent accord conclu entre Libreville et Eramet fixe un objectif de traitement local de 700 000 tonnes par an d'ici à 2031, tandis que l'indien Coalsal prévoit la construction d'une unité de transformation d'une capacité de 70 000 tonnes de minerai de manganèse par an.
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