La société Emiga Sarl a obtenu en février 2026 trois permis d’exploitation minière d’or à petite échelle au Gabon, selon une mise à jour des titres miniers publiée par le ministère gabonais des Mines, consultée par EcoMatin. Les permis concernent les sites « Amont-Mbèmbé Zone Est » et « Amont-Mbèmbé Zone Ouest », situés dans le département de Mulundu, province de l’Ogooué-Lolo, ainsi que le permis « Lékoudou-Nord », localisé dans le département de Lékoko, dans le Haut-Ogooué, au nord-est du pays. Les trois titres, attribués pour une durée initiale de cinq ans renouvelable, couvrent respectivement des superficies de 49,81 km², 49,76 km² et 28,83 km², soit près de 130 km² au total.
Emiga Sarl est une société de droit gabonais basée à Libreville et ne disposant pas de site internet officiel. Les documents administratifs identifient comme responsable juridique Ahmad Jaber, présenté comme gérant de nationalité libanaise. Les arrêtés d’attribution ont été signés le 25 février 2026 par le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, dans le cadre des dispositions du code minier gabonais de 2019 en vigueur.
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Dans le détail, Emiga Sarl a versé un total de 22,5 millions de francs CFA au titre des droits fixes d’attribution, soit 7,5 millions FCFA par permis, selon les documents consultés. Les permis sont assortis d’une période probatoire de six mois renouvelables une fois, durant laquelle l’entreprise doit réaliser les investissements prévus dans les dossiers techniques transmis à l’administration minière. Les arrêtés prévoient également la transmission de rapports trimestriels et annuels, des déclarations de production ainsi que le respect des obligations environnementales et fiscales. Les documents ne précisent toutefois ni les réserves aurifères des périmètres concernés ni les résultats des précédents travaux d’exploration réalisés sur les sites.
Sur un total de vingt arrêtés miniers rendus publics le 8 mai, quatre permis d’exploitation d’or ont été délivrés, car, en parallèle du rafle d’Emiga, la société Kaou Carre a également obtenu un permis d’exploitation aurifère à petite échelle.
Ces attributions figurent parmi les premières officiellement rendues publiques depuis le lancement de l’opération d’assainissement du secteur minier engagée par les autorités gabonaises dans le cadre de la transition politique ouverte par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Alors que le cours de l’or évolue à des niveaux historiques, avec une once au-dessus de 4 200 dollars, Libreville cherche à renforcer la traçabilité et les recettes issues du métal jaune.
L’or, quatrième produit d’exportation du Gabon en 2024 derrière le pétrole, le manganèse et le bois, a vu sa valeur d’exportation FOB passer de 6,4 milliards FCFA en 2017 à 68,1 milliards FCFA en 2024, selon les données de la BEAC. Début 2026, le pays a notamment lancé un système de contrôle des flux d’or par QR code avec l’appui des Émirats arabes unis afin de limiter les circuits informels. Producteur d’or depuis 1934, le Gabon avait annoncé en 2018 la fermeture de plusieurs sites d’orpaillage après des estimations faisant état de près de quatre tonnes d’or exportées illégalement chaque année. Les ressources aurifères nationales sont estimées à environ 40 tonnes, selon le rapport ITIE 2022 publié en août 2024.
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