Au Gabon, le groupe marocain Ciments de l’Afrique (CIMAF) annonce un investissement de 40 millions d’euros soit 26,2 milliards FCFA pour renforcer les capacités de production de sa filiale locale CIMAF Gabon. L’annonce a été faite à l’issue d’une audience accordée le 20 mai dernier à Libreville par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à une délégation du groupe conduite par son PDG, Anas Sefrioui.
Le projet porte sur le déploiement d'une troisième ligne de production et l'extension de la clinkerie locale de CIMAF Gabon. Cet investissement devrait permettre au Gabon de réduire sa dépendance aux importations de matériaux de construction, à l'heure où le pays multiplie les grands chantiers d'infrastructures routes, logements sociaux, équipements publics.
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Sur le plan économique, le projet devrait générer au total 1 900 emplois, répartis en deux phases dont 1 400 emplois directs mobilisés durant la phase de construction de la nouvelle ligne de production et 500 emplois permanents créés pour l'exploitation de l'outil industriel modernisé.
Cette modernisation s'inscrit dans un contexte de forte demande intérieure. Depuis la transition politique d'août 2023, le gouvernement a accéléré les investissements publics en infrastructures, créant une pression croissante sur l'offre locale en matériaux de construction. Selon les données officielles des autorités gabonaises, la consommation nationale de ciment oscille entre 600 000 et 900 000 tonnes par an, au rythme de l’avancement des projets routiers et immobiliers.
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Pourtant, le secteur a connu un coup de frein récent. Selon la Direction générale de l'Économie, la production locale de ciment a chuté de 12,8 % en 2025, victime de la finalisation de plusieurs infrastructures majeures et du ralentissement temporaire de certains chantiers routiers. Le renforcement des capacités de CIMAF vient donc à point nommé pour redynamiser l'offre et anticiper la reprise.
Au-delà de l’aspect industriel, ce projet s’inscrit dans un contexte politique où le pays élargit l’actionnariat de ses productions clés, assurant un co-pilotage national. Rappelons qu’en décembre 2025, lors d'une précédente audience entre le gouvernement et le groupe CIMAF, l’État gabonais avait obtenu une participation de 10 % dans le capital de la filiale gabonaise.

