Le gouvernement gabonais a signé le 15 mai une convention minière avec la société indienne Havila Mining Gabon pour l’exploitation du gisement de fer de Melingui, dans le sud du pays, avec un démarrage de la phase industrielle attendu en novembre 2026, selon un communiqué officiel publié samedi. L’accord a été signé à Libreville par les ministres des Mines et de l’Économie, Sosthène Nguema Nguema et Thierry Minko, ainsi que par le représentant d’Havila Mining Gabon, Gabriel Kamga. Le projet, qui attend encore la délivrance du permis d’exploitation, constitue la troisième convention minière de fer signée par le Gabon après Belinga et Baniaka.
Le gisement de Melingui recèle environ 500 millions de tonnes de ressources, selon les travaux d’exploration menés par Havila Mining Gabon depuis près de neuf ans. Le projet prévoit une première phase d’exploitation de 35 millions de tonnes de minerai à haute teneur de type DSO (Direct Shipping Ore), prisé par l’industrie sidérurgique pour sa teneur élevée en fer et ses coûts de transformation réduits. Le développement du projet intervient dans un contexte de hausse des prix du minerai de fer, soit 110,7 dollars la tonne en mai, en hausse de 10% par rapport à la même période en 2025, selon Trading Economics, et de progression de la demande mondiale en acier, portée notamment par les marchés asiatiques.
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Le Gabon, dont l’industrie minière repose principalement sur l’exploitation du manganèse avec près de 9 millions de tonnes exportées en 2025 vers la Chine et d’autres marchés, voit ainsi émerger son troisième projet de fer en phase de développement avancé. Le projet de Belinga, porté par le groupe australien Fortescue, et celui de Baniaka, développé par la junior australienne Genmin Limited, ont obtenu leurs permis d’exploitation en 2025, avec des mises en production attendues avant fin 2026. Les autorités gabonaises avaient averti en début d’année que les titres miniers pourraient être remis en cause en cas de retard prolongé dans le lancement des projets.
Ces projets émergent alors que Libreville cherche à réduire la dépendance d’une économie encore largement dominée par le pétrole, qui représente plus de 60 % des recettes d’exportation du pays. La production pétrolière gabonaise s’est établie à environ 212 000 barils par jour en avril, selon l’Opep, contre près de 222 000 barils par jour en 2024, dans un contexte de déclin progressif des champs matures. Le gouvernement vise une hausse de la contribution des mines solides au produit intérieur brut de 5 % à 25 % d’ici 2030, avec une stratégie axée sur la transformation locale des ressources afin d’accroître les revenus industriels et réduire le chômage. Selon Havila Mining Gabon, le projet de Melingui pourrait générer environ 530 emplois directs et plus de 1 000 emplois indirects.
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