Le Comité national de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) multiplie des initiatives pour obtenir la levée de la suspension qui frappe le Cameroun depuis deux ans. Lors d’une session tenue le 23 juin 2026 à Yaoundé, session présidée par le ministre en charge des Mines, Fuh Calistus Gentry, l'organe a examiné les conclusions d'un groupe de travail dédié à la préparation du dossier de régularisation.
À cette occasion, le vice-président Comité national a souligné l'esprit constructif des échanges, affirmant qu'ils « reflètent l'engagement commun de poursuivre les efforts entrepris pour créer des conditions favorables à la levée de la suspension du pays d’ici 2027 ».
Parmi les avancées revendiquées par le Comité, figurent notamment le renforcement du cadre législatif avec le nouveau Code minier de 2023 et les réformes visant à accroître la participation des nationaux dans le secteur. Le pays est suspendu depuis 2024 en raison d'un engagement jugé insuffisant des parties prenantes. Si le Comité assure, dans sa dernière évaluation, avoir progressé dans le dialogue avec la société civile, il reconnaît la nécessité de renforcer la communication sur le rôle de l'État dans la préservation de l'espace civique, un point de friction récurrent dans les évaluations de l’organisation internationale.
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Pour le Cameroun, l'enjeu dépasse la simple conformité administrative. Le pays, dont le secteur extractif représente plus de 16 % des recettes publiques depuis 2021, s'apprête à franchir une étape cruciale avec le démarrage imminent de grands projets miniers. Les premières exportations de bauxite de Minim-Martap sont attendues d'ici fin 2026, aux côtés de la mise en exploitation des gisements de fer de Kribi. À travers ces projets, le pays cherche à asseoir son statut de producteur et d'exportateur minier, tout en visant une reconnaissance internationale de sa transparence.
Cependant, cette quête de crédibilité est entravée par une gestion du secteur aurifère jugée calamiteuse. En effet, les récents rapports de l'ITIE et les données de la Société nationale des mines (Sonamines) ont mis en exergue un flux massif d'or vers des circuits illicites. Quantités estimées à plus de 44 tonnes entre 2021 et 2025, contrastant avec les faibles déclarations officielles (à peine 148 kg sur la même période). Ces données, qui ont conduit à l'ouverture des enquêtes au sommet de l'État, placent le Cameroun dans une position délicate à quelques mois de la Conférence mondiale de l’ITIE prévue en octobre 2026 à Bruxelles en Belgique.
Pour les observateurs du secteur extractif, cette échéance constitue un test pour Yaoundé. La levée de la suspension dépendra de la capacité du gouvernement à démontrer une volonté réelle de transparence, au-delà des réformes législatives qui peinent encore à endiguer les fuites des revenus nationaux sur les métaux précieux. En attendant, le Cameroun reste sous sanction.
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