Le 22 septembre 2025, le Premier ministre camerounais Joseph Dion Ngute, représentant personnel du chef de l’État, a procédé à l’inauguration officielle de la mine de fer de Grand Zambi (Permis Akom II) dans la région du Sud. Porté par la société G-Stone, ce projet est évalué à environ 33,3 milliards de dollars (soit 20 000 milliards FCFA), selon le gouvernement et devrait produire six millions de tonnes de concentré de fer par an. « La durée de vie de la mine est estimée à cinquante-six ans, avec des retombées pour l’État représentant environ 10 % du chiffre d’affaires, auxquelles s’ajoutent les impôts et dividendes », a précisé le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT).
Selon les études de faisabilité menées par G-Stone, le gisement de Grand Zambi présente des réserves d’environ 150 millions de tonnes de minerai, avec un concentré de fer de 30%. Dès la phase de démarrage, la production annuelle est fixée à six millions de tonnes. À ce jour, la société G-Stone emploie plus de 500 personnes et prévoit de porter ses effectifs directs à 5 000 d’ici 2027, avec des milliers d’emplois indirects attendus dans les services connexes, les transports et la logistique. L’État camerounais bénéficie par ailleurs d’une participation gratuite de 10 % dans le capital du projet.
Clair-obscur sur l’exportation et la transformation locale
Ce lancement intervient alors que des interrogations persistent sur les capacités d’exportation et de transformation locale du minerai. Au premier trimestre 2025, G-Stone avait déjà annoncé avoir extrait 600 000 tonnes de minerai de fer, stockées et prêtes à l’exportation via le port en eau profonde de Kribi. Or, à ce stade, le port ne disposait pas encore de terminal minéralier pour traiter ce type de cargaisons. Le minerai devrait être acheminé par camions sur plus de 50 kilomètres, un mode de transport jugé lourd et coûteux par des experts, qui pèse sur les routes locales et retarde l’évacuation des volumes prévus.
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C’est dans ce contexte que, le même jour que l’inauguration de Grand Zambi, le Premier ministre a procédé à la pose de la première pierre du terminal minéralier de Kribi, infrastructure stratégique confiée à Sinosteel Cameroun SA. Ce terminal est destiné à évacuer dans un premier temps 14 millions de tonnes de concentré de fer par an, avec une capacité projetée à long terme de 47,5 millions de tonnes.
Ces projets devraient renforcer la place du secteur minier dans l’économie camerounaise. Ils arrivent au moment où le gouvernement ambitionne de diversifier ses sources de revenus, alors que la production pétrolière – moteur historique de l’économie – décline progressivement. Selon la Banque mondiale, la part du pétrole dans le PIB du Cameroun est passée de près de 13 % en 2010 à moins de 6 % en 2024. L’exploitation du fer, ressource stratégique, est ainsi présentée comme un levier de création de richesse et d’emplois.
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Annoncée dès 2023 par le président Paul Biya, l’ouverture de la mine de Grand Zambi marque une étape importante dans la volonté du pays de se positionner comme exportateur de minerais solides. Trois semaines avant cette inauguration, le Groupe Bocom, partenaire de G-Stone, a lancé la construction d’un complexe sidérurgique à Fifinda, dans le département de l’Océan. Cette unité devrait disposer d’une capacité annuelle de transformation de 300 000 tonnes de fer, contribuant à amorcer la filière de transformation locale.
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