La Loi de Finances 2026 du Cameroun introduit une mesure sociale en relevant de 25 % à 35% le taux de l'abattement forfaitaire applicable aux « revenus exceptionnels » lors du calcul de l'Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP). Si le texte promulgué par le chef de l’État le 17 décembre 2025 ne détaillait pas les raisons de cet allégement, une circulaire de la Direction générale des Impôts(DGI) publiée ce 2 mars 2026 est venue apporter les clarifications nécessaires.
Selon le fisc, cet ajustement de 10 points vise spécifiquement « à atténuer l'incidence de la progressivité de l'impôt sur les sommes dont la perception n'est pas périodique ». Sont principalement visées :les indemnités de fin de carrière ou les primes de départ à la retraite. Une mesure qui s'inscrit probablement dans une volonté de garantir aux futurs pensionnés une meilleure préservation de leur capital et de protéger leur pouvoir d'achat au moment de la cessation d'activité.
Pour mesurer la portée de cette réforme, prenons l'exemple d'un salarié percevant une indemnité de fin de carrière de 10 millions FCFA. Sous le régime précédent de 2025 (taux de 25 %), l'abattement s'élevait à 2,5 millions FCFA, laissant une base imposable de 7,5 millions de FCFA soumise au barème de l'IRPP. Avec la nouvelle Loi de Finances 2026 (taux de 35 %), le montant exonéré grimpe à 3,5millions de FCFA, ramenant la base taxable à seulement 6,5 millions de FCFA. Ainsi, le futur retraité bénéficie d'une réduction de sa base imposable d'un million FCFA, ce qui diminue le montant de l'impôt prélevé.
Lire aussi : Impôt sur le revenu : au Cameroun, le gouvernement accentue la pression sur les salariés des grandes entreprises
La Direction générale de l’Impôt précise que « pour l'application de cette mesure, la qualification de « revenu exceptionnel » demeure régie par les critères de nature (revenu non susceptible d'être recueilli annuellement) ou de montant (somme excédant la moyenne des revenus imposables des trois années précédentes) ».
La mesure fiscale intervient dans un contexte où l’Etat accentue la pression sur le paiement de l’IRPP. La loi de finances prévoit un certain nombre de réformes visant à promouvoir le civisme fiscal. Le texte élargit par exemple élargi le champ d’action de l'attestation de Conformité Fiscale (ACF). Ce document, qui certifie la régularité d'un contribuable, devient un verrou incontournable pour des actes de la vie courante. Désormais, l'ACF est exigée pour les demandes de passeports ; les importations effectuées par les particuliers, l'obtention de la carte grise. « Cette extension contribue à renforcer l'identification et la conformité fiscale des usagers », soulignait le ministre des Finances (MINFI) du Cameroun, Louis Paul Motaze dans une circulaire du 31 décembre 2025.
Lire aussi : Déclaration de l’Irpp : au Cameroun, la Direction générale des Impôts a encaissé 10,5 milliards de Fcfa en 10 mois









