Les avoirs extérieurs de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) ont bondi de près de 69 % en 2025 pour atteindre 22 800 milliards de FCFA à fin décembre, contre environ 13 500 milliards un an plus tôt, selon les états financiers certifiés de l'institution. Cette progression exceptionnelle repose principalement sur le quasi-doublement des réserves en devises, mais également sur la forte revalorisation du stock d'or et la hausse des avoirs détenus auprès du Fonds monétaire international (FMI).
Les réserves en devises de la banque centrale se sont ainsi établies à 16 351,8 milliards de FCFA au 31 décembre 2025, contre 8 540,6 milliards un an auparavant. Cette hausse de 7 811 milliards de FCFA est presque entièrement portée par les comptes ouverts auprès des correspondants bancaires et les dépôts en devises, dont l'encours a bondi de 177 % pour atteindre 12 355,6 milliards de FCFA.
Avec ce niveau de réserves, la BCEAO dispose désormais d'un stock de devises largement supérieur à celui de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), dont les réserves de change évoluent autour de 7 000 milliards de FCFA. Les états financiers ne détaillent pas les facteurs à l'origine de cette progression exceptionnelle. Celle-ci pourrait toutefois refléter l'amélioration de la position extérieure de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), soutenue par la bonne tenue de certaines exportations de matières premières ainsi que par les financements extérieurs mobilisés par plusieurs États membres.
Une part croissante investie en titres internationaux
Une partie importante de ces avoirs est placée dans des titres libellés en devises internationales. À fin 2025, le portefeuille de titres détenu par la BCEAO atteignait 3 463,4 milliards de FCFA, essentiellement investis en obligations souveraines émises par des pays de la zone euro, les États-Unis, d'autres pays de l'OCDE ainsi que diverses institutions financières internationales.
La banque centrale conserve également des placements auprès de véhicules d'investissement spécialisés gérés par de grandes institutions multilatérales. Elle détenait ainsi 205,8 milliards de FCFA dans le fonds BISIP K administré par la Banque des règlements internationaux (BRI) et 138,8 milliards de FCFA dans le programme RAMP de la Banque mondiale. Ces placements ont toutefois reculé de 7 % sur un an. Parallèlement, les avoirs détenus auprès du Fonds monétaire international (FMI) ont progressé de 14,8 %, passant de 2 441 milliards à 2 802 milliards de FCFA.
L'or dope également le bilan
L'autre moteur de l'amélioration du bilan de la BCEAO est la forte valorisation de son stock d'or. La valeur de ce portefeuille est passée de 2 531,8 milliards à 3 639,9 milliards de FCFA entre fin 2024 et fin 2025, soit une hausse de 44 %. Cette progression résulte principalement de l'envolée des cours mondiaux du métal jaune plutôt que d'acquisitions massives d'or. Les gains latents de réévaluation enregistrés sur ce portefeuille ont atteint 1 108 milliards de FCFA sur l’exercice.
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Cette amélioration renforce considérablement la capacité de l'Union à faire face aux chocs extérieurs. Des réserves plus élevées permettent de financer davantage de mois d'importations, de soutenir la convertibilité du franc CFA et de rassurer les investisseurs sur la capacité de la zone à honorer ses engagements internationaux.
Dans un environnement marqué par la volatilité des marchés des matières premières et les tensions géopolitiques mondiales, ce renforcement du matelas de réserves constitue un facteur supplémentaire de stabilité pour les huit économies de l'UEMOA.










