Neuf filières camerounaises sont éligibles à la politique du « tarif douanier zéro », qui vise la suppression totale des droits de douane à l’exportation vers la Chine. La liste publiée le 12 juin dernier par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, est dominée par des produits agricoles tels que le cacao, le café, le coton, les fruits, les épices et les huiles végétales, ainsi que par des produits forestiers à l'instar du bois transformé, sans oublier les cornes séchées et les produits artisanaux.
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Pour bénéficier de cet avantage commercial, les entreprises opérant dans les filières mentionnées plus haut doivent se rapprocher du ministère du Commerce pour les modalités d’enregistrement sur la plateforme douanière chinoise ; préalable pour toute exportation vers l’Empire du Milieu. « En guise d’accompagnement, la Chine a subséquemment mis en place des mécanisme spéciaux de facilitation des exportations africaines vers son marché, dénommés ‘’Corridors verts’’ », écrit le ministre. Il ne précise toutefois pas les éventuelles contreparties attendues par la Chine dans le cadre de ce dispositif.
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Il convient de noter que cette exonération des droits de douane, qui bénéficie à 53 pays africains (à l'exception d'Eswatini), est entrée en vigueur le 1er mai 2026. Pékin avait déjà annoncé en juin 2025 la signature d’un nouvel accord de coopération économique avec les pays africains, prévoyant l’élimination totale des barrières tarifaires pour les États du continent avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Cette annonce avait été faite par le ministère chinois des Affaires étrangères à l’issue d’une réunion de hauts responsables chinois et de ministres africains des Affaires étrangères à Changsha, qui visait à évaluer la mise en œuvre des engagements pris lors du Sommet de Pékin en septembre 2024, insistant sur les « produits de qualité ».
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Pour le cas spécifique du Cameroun, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, et l’ambassadeur de Chine, Xu Yong, avaient paraphé six mois plus tard, un accord-cadre de partenariat économique. Cet accord, qui s’inscrivait dans le sillage du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) de septembre 2024 à Beijing, constituait une première étape décisive pour négocier l’accès préférentiel et réciproque des produits camerounais au marché chinois.
Opportunités pour Yaoundé
Cette politique du « tarif douanier zéro » pourrait non seulement doper ses exportations camerounaises vers la Chine, mais surtout redresser sa balance commerciale, structurellement défavorable ces dernières années. À titre d’exemple, alors que les recettes d’exportations totales du pays se sont établies à 3 084 milliards FCFA en 2025, en baisse de 5,2 %), l’Institut national de la statistique (INS) a révélé que Yaoundé avait essuyé un an plus tôt un déficit commercial de 574,6 milliards FCFA envers le géant asiatique, pour 1 107,7 milliards FCFA d’importations contre seulement 533,1 milliards FCFA d’exportations. Pourtant, le potentiel de rebond est réel : les produits camerounais désormais exemptés de taxes ont généré à eux seuls 1 583,3 milliards FCFA en 2025, représentant ainsi 51,3 % des recettes d’exportation globales de l’année.
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Au-delà de l'opportunité, cette franchise douanière agit comme une pression pour le Cameroun d'intensifier sa production, de diversifier ses exportations et d'accélérer la transformation locale. A titre d'exemple, l'huile de palme n'a généré que 70 millions de FCFA à l'export en 2025, tandis que les cornes séchées, les fruits ou les épices ne figurent pas encore parmi les principaux moteurs du commerce extérieur, offrant ainsi un levier de croissance inexploité. Du côté de Pékin, l'exonération des produits phares camerounais peut traduire une volonté de grignoter les parts de marché de l'Union européenne. En 2023, l'UE captait en effet jusqu'à 74 % des exportations de cacao et de ses dérivés — qui s'élevaient alors à 378,4 milliards FCFA —, une filière stratégique dont les recettes globales ont d'ailleurs plus que triplé depuis pour s'établir à 1 196 milliards FCFA en 2025.










