Le 27 mai dernier, le ministre centrafricain de l'Elevage Hassan Buba et son homologue russe, Dmitri Patrouchev ont signé un accord de coopération visant à booster la production de volailles en RCA. L’accord signé dans le cadre d’une visite de travail d’une délégation centrafricaine à Moscou ambitionne de rendre le pays autosuffisant en ce qui concerne la volaille (poulets, canards, dindes et pintades) à l’horizon 2030, à travers la production de 2,1 millions de ces petits animaux. « L’accord de coopération ainsi signé jettera les bases de projets conjoints à réaliser dans le domaine de l’élevage de volailles en soutien à la RCA afin d’amener sa production aux normes internationales et relever la production actuelle dans l’optique de rendre le pays autosuffisant dans les 5 ans à venir », peut-on lire dans une communication de l’agence d’information russe Zianova DnoBangui rattachée à l’ambassade de Russie en Centrafrique.
Lire aussi : République Centrafricaine : Touadéra vend près de 2000 ha de terres sur la blockchain
Même si la communication de la partie russe ne renseigne pas sur les fonds mobilisés pour la mise en œuvre desdits projets, l’on apprend tout de même qu’il est prévu un échange de matériel biologique pour l’insémination artificielle et la lutte contre les maladies tropicales létales qui contribuent à la perte prématurée de plus de 20% des bêtes produites par an selon l’Institut centrafricain de la statistique (ICASEES). Le statisticien national indique qu’en 2023, 5% de la production de volailles est contaminée par les épizooties et déclarée inconsommable chaque trimestre. Cette partie du partenariat vise à sécuriser la production de poulets de jour et accélérer la reproduction des volailles afin d’atteindre 3,5 millions de volailles produites en 2030. A date, l’ICASEES indique que la production de volailles est estimée à 1,4 millions de têtes par an et ne satisfait que 40% de la demande nationale.
Lire aussi : La RCA vise plus de 2 000 milliards FCFA de financements lors de la table ronde prévue au Maroc en juin
Ainsi, l’accord prévoit également le développement de vaccins, la production d’aliments pour animaux, la formation des éleveurs aux méthodes occidentales ainsi que la construction d’infrastructures modernes (abattoirs, entreprises de transformation). Les gouvernements entendent étendre, à l’avenir, chaque segment à la filière porcine, elle aussi déficitaire [une production de 270 000 tonnes contre une demande estimée à 700 000 tonnes, ICASEES] grâce à des investissements russes à capter. A terme, ces différents projets devraient contribuer à relever le portefeuille des engagements financiers russes en RCA. A date, ce portefeuille s’élève à 11 milliards de dollars selon l’ambassade russe, environ 6 317,8 milliards FCFA, principalement concentrée dans les secteurs minier, énergétique, infrastructure, militaire et agricole.
Lire aussi : RCA : Afriland First Holding facilite le financement d’un projet agricole de 800 milliards FCFA
Il faut souligner que la mise en exécution de ces diverses actions permettrait de réduire la facture des importations de la RCA pour les produits alimentaires. D’après le rapport 2023 de l’institut national de la statistique, le pays a dépensé 59,8 milliards FCFA en achats de produits alimentaires dont 20% de ses dépenses ont été affectés à l’importation des animaux et abats comestibles.



