Malgré les initiatives déjà prises au Cameroun aussi bien par les pouvoirs publics que certaines banques pour améliorer le niveau d’accès des PME aux financements, la question se pose toujours avec acuité. Pour preuve, un rapport du ministère de l’Economie publié en décembre 2023 révèle que 91% des chefs d’entreprises du secteur industriel trouvent élevés, les coûts qui expriment les charges liées au taux d’intérêt, à l’assurance et au courtage. De plus, 59% d’entre eux jugent contraignantes, les exigences imposées par les banques aux entreprises. Ce qui traduit sans doute un handicap pour un pays dont le tissu économique est composé de 99,8% des PME selon le ministère qui contrôle ces affaires.
L'OCI en renfort
Dans un entretien accordé à la radio nationale le 29 septembre 2024, Donatus Boma, le Directeur général par intérim de l’Agence de promotion des investissements (API) rassure qu’ « il est envisagé la mise en place d’un mécanisme d’accompagnement des PME camerounaises par l’Organisation de la coopération islamique (OIC) », a-t-il déclaré. Si l’on ignore pour le moment, les contours du projet, il est néanmoins de permis d’espérer une forte révolution dans le domaine au regard du poids de l’OCI dont le Cameroun est pays membre depuis 1975 : 11% du PIB mondial, 2e plus grande organisation internationale après l’ONU, 56 pays membres, etc.
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Dans un récent rapport de l’API, les difficultés d’accès au crédit bancaire sont citées au premier rang. A ce titre, l’homme d’affaires camerounais Emmanuel Wafo estime que l’une des clés à l’essor du secteur privé est le relèvement des infrastructures routières et énergétiques. Pour cela, « à défaut d’avoir des fonds propres, l’Etat peut recourir à des financements alternatifs genre partenariat public-privé. Aussi, l’Etat doit-il trouver des financements pour aider les PME à se financer : fonds de garantie, subventions fiscales, etc. », a récemment expliqué le président de MIT Chimie spécilaisée dans la distribution et le négoce de produits chimiques et matières plastiques.
Notons que le gouvernement camerounais et les entreprises privées ont signé depuis 2013 environ 450 conventions soit 3% des 19 651 PME créées à fin 2023. Ceci dans le cadre de la loi fixant les incitations à l’investissement privé. A en croire le DG de l’API, ces conventions visent des retombées économiques de l’ordre de 6 987 milliards de Fcfa avec une projection de 159 752 emplois à créer sur les 15 prochaines années. Entretemps, la dernière évaluation à mi-parcours réalisée pour le compte de l’exercice 2022 fait état des investissements de 1 764,8 milliards de Fcfa sur les 2 856,5 milliards de Fcfa prévus. De même, à la période sous-revue, l’API revendique 14 354 emplois créés par le secteur privé sur une cible de 42 697 emplois. Ce qui fait dire à Boma Donatus que l’impact de ces chiffres reste « faible » pour la croissance économique du Cameroun estimé à 4% en 2024 contre 8% projetée en 2030.
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En plus du financement, le même rapport relève l’insuffisance des infrastructures nécessaires au développement industriel (routes, énergie, etc.) ainsi que des lourdeurs et tracasseries administratives. Pour une loi promulguée en 2013 et révisée en 2017, elle devient d’après des experts, moins productive pour le secteur privé aussi bien local qu’étranger malgré les allègements fiscalo-douanières. D'après Daniel Tala Kuate, président de la section Industrie, Mines et BTP à la Chambre du Commerce, les pouvoirs publics devraient « relire » et réécrire » le Code des investissements de 2013 à travers « la redéfinition de l’approche par plan quinquennal de la politique des infrastructures ».









