Dans un rapport publié le 12 mars dernier, le Fonds monétaire international (FMI) affiche son optimisme sur l’évolution du stock de la dette publique au Cameroun d’ici à 2030. Pour l’institution financière internationale, « bien que le Cameroun continue de présenter un risque élevé de surendettement, sa dette reste soutenable ». La preuve, le niveau d’endettement du pays devrait s’établir à 33,7 % en 2029 contre 39,5 % prévus en 2025, ce qui reste encore en deçà du seuil de 70% admis au sein de la zone Cemac. Trois réformes structurelles s’imposent donc pour maintenir cette dynamique selon le FMI.
Assainissement budgétaire
Dans le détail, le FMI recommande un assainissement budgétaire progressif. Cette mesure implique la maîtrise du déficit budgétaire à court terme et s’avère nécessaire pour assurer la viabilité de la dette. «Cela devrait être associé à des réformes budgétaires structurelles, notamment la suppression des subventions aux carburants et l'amélioration de la mobilisation des recettes », suggère l'institution financière multilatérale. À ce propos, la loi de finances 2025 du Cameroun a prévu 15 milliards de FCFA pour subventionner les produits pétroliers (-94,2%) en lien avec la baisse des prix du baril de pétrole sur le marché international. De ce point de vue, la « suppression » du soutien des prix à la pompe semble ne pas être l’option privilégiée du gouvernement camerounais ( pour le moment) qui ambitionne plutôt de se conformer à la norme de 3 % à l’horizon 2027 en matière du taux d'inflation.
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Toujours dans la logique de l’assainissement budgétaire, le FMI suggère une politique d’emprunt prudente axée sur les prêts concessionnels et limitant le recours aux emprunts non concessionnels. Or, en parcourant la note de conjoncture de la Caisse autonome d’amortissement(CAA) pour le compte de l’année 2024, on constate que le Cameroun est encore loin de cette donne. En effet, les nouveaux engagements contractés par le Cameroun se sont établis à 880,1 milliards de Fcfa dominés par les financements non concessionnels ressortis à 563, 9 milliards de Fcfa (+62,9%) soit 64,1% de l’enveloppe globale. Selon la CAA, cette augmentation rapide des prêts non concessionnels « nécessite un suivi accru pour assurer la soutenabilité de la dette ». Du reste, poursuit le bailleur de fonds, la réorientation des ressources avec des dépenses ciblées devrait être renforcée, en utilisant les gains exceptionnels des recettes pétrolières pour des domaines tels que la protection des plus vulnérables et en donnant la priorité aux investissements publics créateurs d’emplois.
Surveiller le coût du service de la dette
Le FMI préconise aussi au Cameroun de surveiller de près le coût du service de la dette et gérer activement leur portefeuille de dette afin de minimiser les risques de taux d'intérêt. En réalité, si les taux d’intérêt augmentent, le coût du service de la dette peut également augmenter, ce qui mettrait à mal les finances publiques. Gérer activement le portefeuille reviendrait donc, entre autres, à diversifier la dette en émettant les obligations à des échéances différentes à l’instar des taux fixes et des taux variables.
En outre, les «indicateurs de vulnérabilité de la dette liée aux exportations soulignent la nécessité d'améliorer la compétitivité et de parvenir à une diversification économique »,souligne le FMI. Pour inverser la tendance, il est indispensable d'implémenter une dynamique de réformes visant à améliorer l’environnement des affaires au Cameroun. Ce qui permettrait d’accélérer en encourageant davantage les investissements directs étrangers (IDE) simulant par la même occasion, les exportations. Le rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) sur les investissements dans le monde en 2022 renseigne par exemple, que le Cameroun pilier de la Cemac, capté que 6,4 milliards de dollars, soit 3 812 milliards Fcfa) soit 7,8 des IDE à destination des 06 économies de la zone au cours de la période sous-revue. Le Fonds monétaire international estime par la même occasion que la gestion des entreprises publiques devrait être renforcée dans un contexte où la plupart d’entre elles brillent par des résultats financiers négatifs.
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