Le secteur de la microfinance en République centrafricaine s'est fortement contracté en 2025, son total de bilan reculant de 30,5 % en un an sous l'effet des difficultés persistantes des Caisses mutuelles de Centrafrique (CMCA), premier réseau du pays placé sous administration provisoire depuis juin 2025, et des contreperformances de SOFIA-CREDIT. Selon le Comité national économique et financier (CNEF), la République centrafricaine comptait six établissements de microfinance agréés au 31 décembre 2025, mais seuls quatre étaient effectivement en activité et transmettaient régulièrement leurs états réglementaires aux autorités de contrôle.
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Cette contraction s'est accompagnée d'un net ralentissement de l'activité de crédit. Les crédits bruts distribués par les établissements ont chuté de 46,1 % en un an, un repli qui explique en grande partie la diminution des engagements douteux. Ceux-ci sont revenus de 3,45 milliards à 1,62 milliard de FCFA, soit une baisse de 53,1 % entre décembre 2024 et décembre 2025. Malgré cette amélioration apparente, la qualité du portefeuille demeure fragile. Le ratio des créances en souffrance s'est établi à 32,8 %, contre 37,7 % un an plus tôt. Les établissements avaient constitué des provisions couvrant 74,3 % de ces créances à fin 2025, contre 76,1 % l'année précédente.
Ces résultats confirment les difficultés structurelles des CMCA, que le gouverneur de la BEAC et président de la Cobac, Yvon Sana Bangui, avait de nouveau évoquées en juin dernier devant le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. Placé sous administration provisoire depuis le 26 juin 2025, le principal réseau de microfinance du pays fait l'objet d'un plan de restructuration destiné à restaurer sa solvabilité, protéger l'épargne des déposants et améliorer le recouvrement de ses créances.
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Un an après cette mise sous tutelle, les résultats tardent toutefois à se matérialiser. Selon les informations publiées par EcoMatin en juin, le réseau reste confronté à un déficit chronique, à une grave crise de liquidité et à une perte de confiance de ses sociétaires. Le nombre d'adhérents est tombé d'environ 56 000 en 2023 à 32 000, tandis que les créances impayées atteignaient près de 4 milliards de FCFA. Le gouverneur de la BEAC avait également plaidé pour un audit indépendant et une accélération des procédures judiciaires afin d'identifier les responsabilités dans la gestion passée de l'établissement et de renforcer les chances de son redressement.
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