Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

L’Etat forme les instituteurs pour rien

Formés à grands frais de dotations budgétaires et de subventions, des milliers d’instituteurs passent entre 5 et 7 ans à se tourner les pouces au quartier, dans l’attente d’un recrutement dans la fonction publique.

Publiée lundi 18 mai 2020 à 15:28:13Modifiée lundi 6 décembre 2021 à 11:26:08Temps de lecture 5 minPar EcoMatin

ENIEG

Pour l’année scolaire 2020-2021, 3000 nouveaux instituteurs seront déployés à travers le pays. Selon le ministre de l’éducation de base, Pr Laurent Serge Etoundi Ngoa, la liste des candidats retenus n’attend plus que le quitus du Premier ministre, après leur sélection par la commission centrale de recrutement. Cette vague, est la première d’une série prévue jusqu’en 2024. « Nous allons privilégier ceux qui ont été formé depuis des années mais qui n’ont pas pu avoir un emploi. La fonction publique ne recrutant que les personnes âgées de 32 ans, nos partenaires ont voulu qu’on trouve une solution à ce problème social, en allant jusqu’à 40 ans. (…) enseignants ayant de l’expérience sont en première ligne. »

>>Lire aussi- Fonction Publique : 8766 agents publics suspendus appelés à s’expliquer par voie électronique

C’est qu’au fil des années, le gouvernement forme plus d’instituteurs qu’il ne peut en recruter dans les écoles publiques. Pour la prochaine année scolaire par exemple, 11 230 places d’élèves maîtres sont prévus pour le concours d’entrée dans les écoles normales des instituteurs de l’enseignement général (Enieg) publiques. De 2012 à 2019, les 62 écoles normales d’instituteurs d’enseignement général (Enieg) ont produit 104 982 instituteurs d’enseignement général tandis que les 11 écoles de l’enseignement technique (Eniet) ont formé 32 357 instituteurs d’enseignement technique. Le problème, c’est qu’en moyenne l’état ne recrute pas plus de 4 000 instituteurs par an. A peine 9 000, de 2015 à 2019. Pour l’intégration de 1 000 instituteurs à la fonction publique en 2018, l’on a enregistré 51 000 candidats.

Et il n’est pas exclu que d’autres instituteurs, formés, ne se soient pas présentés. Ce qui montre qu’au terme de ce recrutement, il y avait encore au moins 50 000 instituteurs formés sans emploi. La formation dans les Enieg/Eniet est payante. Les frais de scolarité sont la charge de l’apprenant. Dans le privé, la formation revient entre 160 000 FCFA et 200 000 FCFA l’an soit près du double du prix pratiqué dans le publique. Il n’existe aucune donnée officielle sur la structure des coûts de la formation dans les Enieg/ Eniet publiques mais ils ne couvrent pas le coût de la formation. Qu’il s’agisse d’Enieg/ Eniet publiques ou privées, l’Etat supporte une partie du coût de la formation sous la forme de subvention ou de dotation budgétaire.

En 2016, le ministère des Enseignements secondaires avait budgétisé 24,229 milliards de FCFA pour la gestion des écoles normales secondaires (Enieg-sp, Enieg, Eniet) dont près de 60 millions de subvention pour les Enieg/Eniet privées.

>>Lire aussi -Éducation : la leçon de Fame Ndongo à la 58e promotion de l’ENS de Yaoundé

 Capital humain

Selon la stratégie sectorielle de l’éducation, les frais de scolarité ne représentent que 23% du cout de la formation. Le gap (77%) étant supporté par l’Etat. D’une manière générale l’Etat prend en charge au moins 150 000 FCFA de frais de formation par élève-maître. Pour les 137339 instituteurs formés entre 2012 et 2019, cela représente une charge financière de 20,6 milliards de FCFA. Pourtant, un nombre des bénéficiaires passe entre 5 à 7 ans avant de trouver le travail et pour une frange non négligeable, la seule issue est de s’occuper à autre chose. Pour tous ceux-là, il n’est pas exagéré de dire que l’Etat investi à perte. Or, rappelle la Banque mondiale, une amélioration de 20% des résultats scolaires des filles et des garçons à l’école permettrait à terme d’augmenter de 13% la productivité de la future génération de travailleurs. L’atteinte de ce résultat dépend en grande partie de la qualité du personnel enseignant. En effet, « les dépenses investies dans la formation initiale et continue d’un individu, et les dépenses investies dans sa santé, permettent de développer ses capacités productives, et d’accroître sa contribution à la production économique », explique Bédoumra Kordjé ancien vice-président de la Banque Africaine de Développement (BAD).

>>Lire aussi- Crise anglophone: près de 600 000 enfants privés d’éducation dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • L’Etat forme les instituteurs pour rien
Camerounfonction publiqueeducationEnieg-spEcoles publiquesEnieginstituteurs d’enseignement techniqueBédoumra KordjéArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Capture d’écran 2026-06-25 à 09.25.48Politiques PubliquesGabon : l’État gèle les exonérations fiscales après 283 milliards FCFA de manque à gagnerLe gouvernement va parallèlement auditer les exonérations consenties depuis 2023, avant une révision des incitations prévues par la loi dans le budget 2027.il y a 10 heuresCHAD-POLITICS-PARLIAMENT-FEATUREPolitiques PubliquesTchad : les recettes publiques bondissent de 32 % au premier trimestre 2026L’amélioration repose notamment sur les impôts et recettes douanières, en hausse de 28,7 %, ainsi que sur les revenus pétroliers, qui ont gagné 26,4 milliards de FCFA en un an.il y a 13 heuresEpremiumBanguiPolitiques PubliquesRCA : les arriérés de dette grimpent à 173 milliards de FCFA à fin juinMalgré 20,5 milliards de FCFA consacrés au service de la dette au deuxième trimestre, les arriérés de la République centrafricaine ont augmenté de 4,65 % pour atteindre 172,91 milliards à fin juin 2026.il y a 1 jourImpots BONPolitiques PubliquesCameroun : le fisc menace de publier les noms des "hautes personnalités" qui n’ont pas déclaré leurs revenusHautes personnalités et salariés des secteurs public et parapublic retardataires sont sommés de régulariser leur déclaration annuelle d’IRPP. Le ministère des Finances leur accorde un ultime délai de sept jours avant le déclenchement des sanctions.il y a 2 joursEpremiumCAMEROON-NATURE-ANIMALPolitiques PubliquesLe Cameroun pourrait accroître son PIB de 10 % en valorisant ses forêts, selon la BADLes forêts camerounaises rendent un service économique qui n’est actuellement pas pleinement comptabilisé dans le PIB. il y a 2 joursDesign sans titre (41)Politiques PubliquesVisas étudiants : la France annule ses nouvelles exigences financières au CamerounContestées devant la justice française, les nouvelles conditions financières imposées aux étudiants camerounais pour obtenir un visa viennent d'être retirées.il y a 2 jours

Articles similaires

LucConjonctureCommerce : le Cameroun veut relancer ses échanges avec le Royaume-Uni, en baisse de 32 %Cinq ans après l’entrée en vigueur de leur Accord de partenariat économique, le Cameroun et le Royaume-Uni cherchent à redonner du souffle à leurs relations d’affaires.il y a 14 heuresEpremiumATIDI-AG_2Banques et FinanceLe Congo rejoint l'ATIDI pour améliorer la couverture des projets d’investissementBrazzaville a ratifié son adhésion à ATIDI, l'assureur multilatéral africain spécialisé dans la couverture des risques liés aux investissements et au commerce. ​il y a 2 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Visas étudiants : la France annule ses nouvelles exigences financières au Camerounil y a 2 jours2Le Cameroun perd une première bataille judiciaire contre Trafigura dans le litige sur la qualité du carburantil y a 5 jours3Cameroun : les banques dépassent pour la première fois les hydrocarbures dans la création de richesseil y a 6 jours4Cameroun : comment un créancier de VOG a fini par prendre le contrôle du champ gazier de Logbabail y a 5 jours5Électricité : le Tchad enclenche le processus pour se connecter au réseau camerounaisil y a 6 jours6Une société liée à Baba Danpullo entre au capital d’AGL Cameroun avec 31 575 actionsil y a 2 jours7Cameroun : l’investissement privé atteint un record de 5 110 milliards de FCFA en 2025il y a 6 jours8Cameroun : le Cabinet Atou met aux enchères l’immeuble litigieux de Djeuga Palace à Doualail y a 14 heures9Cameroun : 43 entreprises épinglées pour abandon de marchés publicsil y a 6 jours10Cameroun : Sodecoton ouvre un marché de 18,5 milliards FCFA pour le transport du cotonil y a 2 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.