En marge de la réunion annuelle du Caucus africain 2025 organisée pour la première fois en République Centrafricaine, le gouvernement de Bangui a signé, ce 31 juillet, un accord avec Shelter Afrique. Selon les informations relayées en direct par l’agence russe basée en RCA, DNO-Bangui, la banque multilatérale de développement s’est engagée à financer un projet de construction de logements sociaux pour 28 millions de dollars US, environ 16 milliards FCFA selon la valeur actuelle du change. L’accord a été paraphé entre le directeur général de Shelter Afrique, Thierno-Habib Hann, le ministère des Finances de la RCA, et le ministère centrafricain de l’Urbanisme.
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Dans l’ensemble, le projet consiste en la construction de 300 logements sociaux sur toute l’étendue du territoire avec une phase test prévue dans la ville cotonnière de Bossangoa. Ce projet de Shelter Afrique a été initialement présenté au gouvernement centrafricain en avril 2025 lors des rencontres entre quelques membres de gouvernements africains et des institutions financières à Washington. S’il est réalisé, le projet dont les détails restent encore à peaufiner sera le premier du genre en RCA. « C’est le premier programme de ce genre dans notre pays. Un projet de 300 logements sociaux […] Quand on parle de projet de logements sociaux, c’est-à-dire le bâtiment, c’est l’un des moteurs qui tire la croissance dans un pays. Ça va avoir un impact sur l’emploi, sur la consommation et sans oublier le capital humain », a exprimé Hervé Ndoba, ministre centrafricain des Finances au micro de l’agence russe.
En République centrafricaine, le besoin en logements n’est pas quantifié avec des données récentes. Cependant, en janvier 2015, Gabriel Tanguy Ngouamidou, ancien directeur général de l’Habitat au ministère de l’Habitat et du logement, estimait que le pays affichait un manque de près 1 million de maisons à cause de la crise politico-sécuritaire de cette période là. Depuis lors, la RCA n’a enregistré aucun programme immobilier important, hypothéquant ainsi le bien-être et l’accès à la propriété de près de 15% de la population.
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Comparativement à certains de ses pays pairs, la RCA enregistre un déficit moins important que celui du Cameroun (2,5 millions d’unités) mais plus élevé qu’au Gabon (225 000 unités), au Congo Brazzaville (15 000 unités par an) ou au Tchad (12 000 unités/an). En zone CEMAC, Shelter Afrique détient un portefeuille d’engagements immobiliers non négligeable avec des investissements conséquents, visant à résorber le manque. C’est le cas du Tchad où la banque à finaliser la construction de 135 logements sociaux pour 18 millions USD à Toukra, à la sortie sud de la capitale en 2016, ou encore au Cameroun où la banque avait annoncé financer la construction de 3 000 logements sociaux pour 37 millions USD en 2021. Au Congo, Shelter Afrique structure un projet de construction de 3 000 logements pour lequel l’accord a été signé en avril 2024.
Energie électrique
Dans le même temps, les autorités centrafricaines ont signé un second accord, portant sur le renforcement du potentiel énergétique du pays. Il concerne le projet de construction du barrage Boali-3 (10MW), qui devra bénéficier d’un financement de 30 millions de dollars US (17,2 milliards FCFA). A l’arrêt depuis 2013, les travaux pourraient être repris voire même finaliser grâce à cet accord qui s’ajoute à une promesse de 20 millions USD du fonds d’investissement américain Neo Themis (avril 2025). « Il nous permettra de finaliser le projet de Boali 3 qui n'a que trop duré et qui a connu les affres des crises militaro-politiques que nous avons connu dans notre pays », a exprimé le ministre centrafricain des Finances.
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