La Commission européenne a décidé en décembre dernier, de retirer six pays africains de sa liste des juridictions des pays tiers à haut risque en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). La décision de Bruxelles concerne notamment le Mali, la Tanzanie, l'Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Mozambique et le Nigéria. « Ces pays ont renforcé l’efficacité de leurs dispositifs de LBC/FT et corrigé leurs lacunes techniques de façon à honorer l’engagement, pris dans leurs plans d’action respectifs, de remédier aux carences stratégiques recensées par le GAFI », indique la Commission européenne. La commission a ainsi salué les progrès réalisés dans leurs dispositifs de prévention, de contrôle et de répression dans ce domaine.
La liste actualisée tient compte des travaux du groupe d'action financière (GAFI), en particulier, de sa liste des « juridictions faisant l’objet d’un suivi renforcé ». En effet, cette décision survient après les retraits de ces pays de la liste grise du GAFI, l'organisme intergouvernemental de surveillance mondiale du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. Le Mali et la Tanzanie avaient été retirés en juin 2025 tandis que le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Mozambique et le Burkina Faso ont été retirés de cette liste de l’UE, lors de la réunion plénière d’Octobre 2025. Selon l'UE, la mesure devrait entrer en vigueur le 29 janvier 2026.
Bien que sortis de cette liste, la Commission européenne demande aux six pays à poursuivre les efforts dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
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Le Cameroun reste pour l’instant sur surveillance
Le Cameroun, quant à lui, reste sous surveillance. Le pays a été ajouté en juin 2025 avec d’autres pays tels que la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo (RDC), sur la liste de la commission européenne, jugeant ainsi que ces Etats « présentent des carences stratégiques dans leurs régimes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ». Selon la Commission, ces pays présentent des lacunes qui exposent le système financier européen à des risques.
Pour sortir de cette liste, le Cameroun s’est engagé depuis juin 2023 à collaborer avec le GAFI pour renforcer l’efficacité de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Sur le plan national, le directeur de l’Agence nationale d’investigation financière (Anif), Hubert Nde Sombone, a révélé en octobre 2025, son plan d’action avec une échéance fixée en 2026, pour que le Cameroun sorte de cette liste. Ce plan comprend entre autres, la supervision des organisations à but non lucratif suivant une approche basée sur les risques de financement du terrorisme, la mise en œuvre des sanctions financières ciblées du Conseil de sécurité des Nations unies, en matière de prévention du financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive. Il est toutefois important de préciser que la présence du Cameroun sur cette liste de l’UE peut nuire à l’attractivité financière du pays et réduire les investissements des étrangers.
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