Dans son "Rapport Pays 2025" récemment publié, la Banque africaine de développement (BAD) identifie les Flux financiers illicites (FFI) comme l'un des obstacles majeurs au développement du Cameroun. À titre d'exemple, entre 1970 et 2022, le pays aurait perdu 56 350,4 milliards de FCFA. Cela représente une moyenne annuelle de 1 084 milliards de FCFA sur cette période de 52 ans. En termes simples, il s'agit de sommes d'argent qui sortent du pays ou sont générées illégalement, échappant ainsi aux impôts et aux réglementations.
Le phénomène de flux financiers illicites rend difficile pour le Cameroun la collecte des fonds essentiels au financement de ses projets de développement. Pour mieux comprendre l'ampleur, la Banque Africaine de développement (BAD) établit une comparaison frappante avec le déficit de financement prévu pour les projets prioritaires de la Stratégie nationale de développement (SND) à l'horizon 2030. L'institution bancaire explique que le montant perdu au cours de la période mentionnée plus haut « représente 80,5 % du déficit de financement estimé pour les projets prioritaires de la Stratégie nationale de développement (SND) d’ici 2030 (70 000 milliards de FCFA) ».
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En d'autres termes, si le Cameroun avait pu récupérer cet argent, il aurait quasiment pu combler ses besoins de financement pour des projets essentiels tels que la construction d'infrastructures, l'amélioration de la santé ou l'éducation. Malheureusement, cette hémorragie financière ne s'est pas arrêtée en 2022. La BAD indique qu'en 2023, les services douaniers ont enregistré des pertes estimées à 114,4 milliards de FCFA. Cela démontre que les Flux Financiers Illicites (FFI) constituent un problème persistant qui continue d'affecter les recettes de l'État. Bien que l'institution dirigée par Sidi Ould Tah ne fournisse pas de détails spécifiques sur la nature de ces flux financiers illicites, ces pertes peuvent être attribuées à la fraude douanière, à la contrebande, ou à d'autres activités illégales qui échappent aux contrôles aux frontières.
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En raison des défaillances observées dans la lutte contre les flux financiers illicites (FFI), le Groupe d'action financière (GAFI), l'organisme mondial de surveillance du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme, a placé le Cameroun sur sa « liste grise » en juin 2023. Deux ans plus tard, le Cameroun peine encore à finaliser les réformes attendues et demeure sous « surveillance renforcée ».
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La Banque Africaine de Développement (BAD) met en avant l'importance d'une approche multisectorielle pour combattre efficacement les Flux Financiers Illicites (FFI). Cette approche requiert une synergie des efforts entre divers secteurs et acteurs. Les principales actions recommandées par la BAD incluent : le renforcement de la transparence fiscale et douanière, la coopération internationale dans la lutte contre l'évasion et l'érosion fiscale et l'amélioration de la traçabilité des flux transfrontaliers. Cette dernière recommandation implique la mise en place de systèmes plus robustes pour mieux identifier l'origine et la destination des fonds, facilitant ainsi la détection des activités illicites.
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