En République centrafricaine (RCA), les flux financiers illicites qui échappent à la base imposable s'élèvent à 267 millions de dollars, soit 6 % du Produit intérieur brut (PIB), selon un constat dressé par la Banque africaine de développement (BAD). Sur la période 1980-2018, ces flux sont estimés à près de 2 milliards de dollars (1 123 milliards FCFA), soit 19,3 % des revenus commerciaux du pays échappant ainsi à la fiscalité. Ces pertes ont par ailleurs augmenté de 38 % entre 2018 et 2022, selon la même source.
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Les conséquences de ce phénomène sont immédiates. « Les fuites en question nuisent au financement du développement et à l’investissement productif en République centrafricaine », indique la BAD. Pourtant, ces ressources permettraient de combler un important déficit de financement auquel Bangui fait face. La preuve, le Plan national de développement 2024-2028 estime les besoins de financement à 12,8 milliards USD (7 187,2 milliards FCFA). Entre-temps et d’après la BAD, les ressources domestiques mobilisables ne dépassent pas 500 millions USD (281 milliards FCFA) par an. Cette situation révèle un déficit de 5 782 milliards FCAFA.

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Sur cette base, l’institution financière relève parmi les contraintes du secteur financier la faiblesse des infrastructures de paiement, les coûts élevés des transferts transfrontaliers, l’insuffisance des mécanismes de surveillance régionale et l’ampleur des flux financiers illicites. Elle préconise qu’au niveau de la RCA, le véritable enjeu consiste à transformer l’intégration régionale en outil de financement productif, de formalisation économique et de sécurisation durable des échanges commerciaux et financiers. Concrètement, il s’agit d’« interconnecter les régies financières, de mieux contrôler les recettes minières, forestières, fiscales et douanières et de lutter contre les flux financiers illicites qui affaiblissent l’assiette budgétaire ».
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