En République centrafricaine, le secteur informel occupe une place prépondérante dans l'économie, sans que cela se traduise par une contribution fiscale équivalente. Selon une étude du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), citée par la Banque africaine de développement (BAD), l'emploi informel représenterait 97 % de l'emploi total du pays, l'agriculture et ses activités connexes s'y exerçant à hauteur de 68 %, suivies du commerce à 14 %.
Ce secteur constitue ainsi à la fois un vecteur de croissance économique et un vivier d'emplois, tout en générant 40 % du chiffre d'affaires du secteur privé et 46 % du PIB national estimé à 1 737 milliards de FCFA à fin 2025 selon la Banque mondiale. Toutefois, « son apport fiscal demeure faible. Il est estimé à 12 % en 2022 », indique la même source.
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L'étude distingue trois catégories d'agents économiques au sein de l'informel centrafricain, dont la capacité contributive varie fortement. La première regroupe les petits opérateurs de survie, caractérisés par une faible capacité à contribuer à l'impôt. La deuxième rassemble les petites entreprises viables, assujetties à un régime fiscal simplifié tel que l'impôt global unique. La troisième catégorie, plus structurée, concerne les entrepreneurs miniers et forestiers, les commerçants grossistes, les transporteurs et les chaînes de logistique ; des acteurs dont certains peuvent progressivement basculer vers la formalisation.
Ce déséquilibre entre le poids économique du secteur informel et sa faible contribution fiscale pose un défi structurel pour l'État centrafricain, dont la base imposable reste étroite malgré l'ampleur de l'activité économique réelle du pays. « L’économie centrafricaine se caractérise encore par la prédominance de l’informel (83%) dans les secteurs primaires et tertiaires. Cette forte polarisation dans des secteurs à faible valeur ajoutée se traduit par une pression fiscale faible, quoiqu’en progression (10% en 2025 contre 7% en 2022) », ajoute la BAD.
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Dans ce contexte marqué par des ressources fiscales limitées, le pays organise sa mobilisation de ressources budgétaires autour de la fiscalité indirecte, de l'aide extérieure et de l'endettement. A en croire la BAD, en 2025, les financements extérieurs ont contribué à hauteur de 36 % au budget de l'État, en recul par rapport à 2023 et 2024 (45 %), « en raison d’une pression fiscale limitée, estimée à 10 % du PIB en 2025 ; deçà de la moyenne régionale estimée à 17% du PIB). Par contre, les recettes intérieures sont passées à 64 % en 2025, contre 55 % en 2024. Ces recettes intérieures sont dominées par les impôts indirects (53 %), suivis des recettes non fiscales (29 %) et des impôts directs (16 %).
Pour rappel, les recettes fiscales de Bangui sont attendues à 79 milliards Fcfa pour le compte de l’exercice 2026, selon le rapport d’exécution budgétaire de mars dernier. Le document note un taux de réalisation de 27% au premier trimestre 2026 pour 22 milliards FCFA recettes collectées.














