La Banque Populaire Maroco-Centrafricaine (BPMC), filiale du groupe marocain Banque Centrale Populaire (BCP), a enregistré sa première perte depuis au moins 2017. Dans son rapport annuel 2025, publié récemment, le groupe indique que sa filiale a clôturé l'exercice sur un déficit de 48,1 millions de dirhams, soit près de 3 milliards de FCFA, contre un bénéfice de 26,1 millions de dirhams (environ 1,6 milliard de FCFA) un an plus tôt. Cette dégradation de plus de 4,5 milliards de FCFA intervient alors que deux nouveaux acteurs, Afriland First Bank et Coris Bank International, préparent leur entrée sur un marché qui ne compte encore que quatre banques.
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Le groupe BCP attribue cette contre-performance à une forte détérioration du coût du risque. Le produit net bancaire (PNB) de la filiale s'est replié de 7,8 %, à 7,2 milliards de FCFA, « impacté par la diminution des commissions », précise le rapport. Dans le même temps, les emplois productifs, qui reflètent essentiellement les crédits distribués, ont diminué de 9,9 %, tandis que les ressources collectées auprès de la clientèle ont progressé de 18,3 %.
Cette évolution intervient dans un contexte économique peu favorable. Selon le groupe, la BPMC a évolué dans « un environnement économique difficile, marqué notamment par la hausse des prix du carburant et les contraintes logistiques liées à l'enclavement du pays ». Malgré ces difficultés, la banque affirme avoir conservé son rang de troisième établissement bancaire du pays, tant en termes de dépôts que de crédits, tout en poursuivant ses efforts de repositionnement commercial « dans un environnement particulièrement exigeant ».
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Créée au début des années 1990, la BPMC est l'une des plus anciennes implantations subsahariennes du groupe BCP, dont l'expansion africaine s'est ensuite accélérée avec l'acquisition du réseau Banque Atlantique en Afrique de l'Ouest en 2012, puis des filiales du groupe BPCE au Cameroun, au Congo, à Madagascar et à Maurice en 2019. La Centrafrique constitue ainsi un marché historique pour le groupe marocain.
La dégradation des résultats de la BPMC intervient toutefois à un moment où le paysage bancaire centrafricain s'apprête à évoluer. Afriland First Bank et Coris Bank International ont déjà annoncé leur intention d'ouvrir des succursales dans le pays, ce qui portera à six le nombre d'établissements bancaires. Pour les acteurs historiques comme la BPMC, cette intensification de la concurrence pourrait accentuer la pression sur les marges et accélérer la bataille pour la conquête des dépôts et des meilleurs clients, dans une économie où le taux de bancarisation demeure encore faible.







