Le 14 août 2026, l'agence de notation Fitch Ratings a revu à la hausse la note de défaut émetteur à long terme en monnaie locale (LTLC) de « CCC » à « CCC+ ». Autrement dit, le Congo est légèrement moins risqué qu'avant, en ce qui concerne sa dette empruntée en monnaie locale (le franc CFA). « La hausse de la note LTLC reflète l'amélioration des conditions de financement sur les marchés régionaux et un profil de remboursement domestique plus fluide, réduisant ainsi les risques de refinancement qui justifiaient auparavant l'écart avec la note LTFC », indique Fitch.
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Dans le détail, Fitch Ratings explique l'amélioration de la note en monnaie locale par plusieurs facteurs, au premier rang desquels une plus grande facilité du Congo à rembourser sa dette contractée sur le marché intérieur. Les remboursements sont ainsi passés de 14 % du PIB en 2025 à 9 % en 2026. Cette évolution s'explique par de meilleures conditions de financement sur le marché de la CEMAC. Sur ce point le Trésor public congolais a mobilisé 101,17 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de la BEAC, à travers huit opérations menées entre le 21 et le 28 juillet 2026, sur les 121,5 milliards mis en adjudication, soit un taux de couverture global de 83,3 % (62 % via les BTA, 38 % via les OTA) à des taux qui varient entre 6,94 % et 7%.
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A ceci s’ajoute un recours accru du Congo à l'emprunt extérieur via des euro-obligations, ce qui allège la pression sur le marché local. En mai 2026 par exemple, Brazzaville a annoncé le succès d'une émission obligataire internationale de 850 millions de dollars (environ 480 milliards de FCFA), d'une maturité de 11 ans et assortie d'un coupon de 9,5 %. Ce qui a permis au Congo de prolonger significativement les maturités de l’émission. Une partie des fonds doit servir à refinancer une partie de ses eurobonds 2032, rachetés quelques jours plus tôt pour 563,99 millions de dollars.
La note pour la dette en devises étrangères reste en revanche inchangée à « CCC+ ». L'agence de notation attribue cette stagnation à un certain nombre de défis et de risques persistants. « La dette publique reste très élevée, bien que Fitch prévoie une forte baisse à 80,9 % du PIB en 2026 contre 92,1 % fin 2025, grâce à un important excédent primaire et une forte croissance du PIB nominal », note l'agence. Elle souligne également des arriérés de paiement récurrents, ainsi qu'une forte dépendance au pétrole, qui rend l'économie et les recettes de l'État vulnérables aux variations des cours mondiaux.
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À fin mars, le pays affichait des arriérés extérieurs en principal de 12,7 milliards de FCFA, contre une réduction des arriérés extérieurs antérieurs de 3,5 milliards de FCFA. « Nous prévoyons que le déficit du compte courant se réduira fortement pour atteindre 0,1 % du PIB en 2026, avant de se creuser de nouveau en 2027 avec la baisse des prix du pétrole. Cela signifie que le récent rebond des réserves de la CEMAC, que nous estimons à environ 14 milliards de dollars fin 2026 (soit 4,7 mois de couverture des importations), risque de n'être que temporaire », prévient Fitch.
Pour rappel, les notes de Fitch reflètent la capacité d'un pays à rembourser sa dette : plus on descend dans l'échelle (AAA étant la meilleure note, D le défaut de paiement), plus le risque de non-remboursement est élevé. La catégorie « CCC » signale un risque de défaut déjà substantiel. Le stock de la dette publique du Congo quant à lui, est évalué à 9 483,04 milliards FCFA (+2,26%) au mois de main dominé à près de 63% par la dette intérieure (dont 2 977,8 milliards FCFA de dette du marché) contre 36,8% pour la dette extérieure.
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