Depuis novembre 2021, date à laquelle la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a mise en place le mécanisme de financement par syndication domestique, les trésors publics ont mobilisé plus de 1 683,1 milliards FCFA, selon les statistiques des opérations du marché des valeurs du trésor à fin février 2025. En effet, la syndication domestique consiste pour un État à émettre des valeurs du Trésor par l’intermédiaire d’un groupe formé exclusivement de Spécialistes en valeurs du trésor (SVT) constitués en syndicat et ayant à sa tête un chef de file. A en croire la cartographie des émetteurs, le Cameroun se positionne en deuxième place de cette dynamique régionale, derrière le Gabon.
Ainsi, la première économie de la CEMAC a déjà levé 452,8 milliards FCFA par voie de syndication domestique. Dans le détail, 216 milliards FCFA ont été levés sous forme de Bon du Trésor assimilable (BTA) contre 236,83 milliards FCFA collectés en obligation du Trésor assimilables (OTA). Mentionnons que le trésor public camerounais est le 1er à avoir réalisé la toute première opération via cet instrument financier, le 12 janvier 2022. A la recherche 100 milliards FCFA, le pays a pu collecter 68 milliards FCFA en BTA à 26 semaines de maturité. L’opération a été arrangée par des SVT camerounaises : Société Générale Cameroun (chef de file), SCB Cameroun, Bicec et Standard Chartered Bank.
Dynamique régionale
Autant le dire, la syndication domestique est devenue un outil majeur pour les États de la Cemac face aux tensions de trésorerie persistantes. Entre 2021 et octobre 2025, pas moins de 90 opérations ont été réalisées sur le marché des titres publics de la Beac. Le Gabon, avec 752,1 milliards FCFA, occupe la première place en termes de volume. L'exemple le plus récent de cette démarche fut l’opération d’envergure de près de 238 milliards FCFA réalisée le 21 février 2025. Cette opération couronnée de succès pour le gouvernement gabonais rentre dans le cadre de sa stratégie d’allègement du poids de ses arriérés intérieurs.
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Le Congo suit de près le Cameroun avec 398,1 milliards FCFA levés. Pour Brazzaville, la syndication domestique a joué un rôle clé dans la restructuration de la dette du pays, en lissant son profil d’endettement. Il reste que le Congo a fait de nombreux efforts pour rester solvable auprès de ses créanciers. En octobre 2024, le gouvernement a échangé 53% de ses obligations domestiques en circulation, soit 25% de la dette intérieure, prolongeant ainsi les échéances tout en maintenant les coupons et le principal.
La clôture de cette opération d’échange de dette n’a eu que des répercussions positives pour les finances publiques congolaises, car elle a permis d'atténuer les pressions exercées sur la trésorerie. Selon les autorités, la maturité moyenne de la dette domestique de marché est passée de 2,6 ans à 6,4 ans. Ce qui devrait réduire substantiellement les risques de défaillance que le pays a pu observer ces derniers mois.
La République centrafricaine referme le tableau avec un peu plus de 80 milliards FCFA levés par syndication au cours de la période de référence.
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