Au Cameroun, une délégation d'investisseurs du groupe chinois Henan Hongji Mining Machinery a présenté, le 15 juillet 2026, au directeur général de l'Agence de promotion des investissements (API), à Yaoundé, un projet de développement d'une filière intégrée du zircon. Ce minerai est utilisé dans les industries de la céramique, de la chimie, du nucléaire et de l'aéronautique.
Selon les données communiquées par l'institution, ce projet, qui couvre l'exploitation semi-industrielle jusqu'à la première transformation avant exportation, représente un investissement de 45,2 milliards de FCFA. L'opération prévoit la création de 500 emplois directs et 1 500 emplois indirects.
Le déploiement industriel de l'entreprise s'articule en deux phases, ciblant prioritairement la région de l'Est. D'après l'API, la première étape porte sur l'extraction minière, pour laquelle les promoteurs ont entamé des discussions avec le ministère des Mines et la Société nationale des mines (Sonamines) afin d'obtenir les autorisations requises. La seconde phase consistera à installer des unités de traitement du minerai. Dans cette perspective, la firme chinoise souhaite bénéficier des avantages fiscaux et douaniers afin d'alléger ses coûts d'installation.
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Toutefois, la viabilité et les motivations de cette initiative suscitent la prudence au sein du secteur. Contacté par EcoMatin, un expert minier estime que l'enveloppe d'investissement annoncée demeure insuffisante pour structurer une véritable chaîne de valeur intégrée du zircon, notamment au regard des défis liés aux infrastructures de transport et d'énergie. Il relève également l'absence d'informations sur d'éventuelles études de faisabilité et d'exploration préalables. « Tout en saluant l'intention de créer des emplois, j'invite les autorités camerounaises à davantage de vigilance face aux risques de spéculation et de diversion. Dans un contexte où l'étau réglementaire se resserre sur la filière aurifère, les acteurs de l'exploitation semi-mécanisée le long des cours d'eau pourraient se tourner vers d'autres minéraux », alerte l'expert, qui doute que le ministère des Mines délivre un titre d'exploitation sans garanties préalables.
Cette marque d'intérêt intervient alors que le potentiel zirconifère du Cameroun demeure largement inexploité. Des indices géologiques, souvent associés au rutile et à la monazite, ont été identifiés à Londji et Eboundja (Sud), Otélé et Akonolinga (Centre), ainsi que dans les bassins de la Lom et de Mamfé. Dans la région de l'Est, les travaux menés sur le projet Minta Est par l'australien Lion Rock Minerals avaient déjà confirmé la présence de ces minéraux lourds, un potentiel que Henan Hongji Mining Machinery entend désormais valoriser.
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