L’agence de notation financière américaine Fitch Ratings vient de maintenir la note de défaut des émetteurs en devises à long terme (IDR) de la Banque africaine de développement (BAD) à "AAA" avec une perspective stable. Dans le rapport consulté par EcoMatin, l’agence de notation n’a pas manqué de souligner la solide position de l’institution financière régionale en matière d’adéquation des fonds propres, sa gestion financière prudente, sa couverture de liquidité élevée, ses excellents résultats en matière de financement, son statut de créancier privilégié et le fort soutien de son actionnariat. A en croire Fitch, la notation triple A de la BAD « repose sur le soutien extraordinaire que la banque reçoit de ses actionnaires non régionaux, que nous évaluons à "aaa". La "forte" propension des actionnaires à soutenir la banque se traduit par un ajustement de zéro cran à notre évaluation de la capacité de soutien (aaa). La note est également soutenue par le profil de crédit autonome de la banque, que nous avons révisé de "aa" à "aa+", reflétant principalement notre attente que la banque fonctionnera avec des ratios de capital plus élevés à moyen terme. La liquidité est évaluée à "aaa", » détaille-t-elle dans le rapport.
Amélioration de la capitalisation de la BAD
En 2023, les paramètres de capitalisation de la BAD se sont nettement améliorés en raison des paiements de capital. Fitch s'attend donc à ce que la dette nette de l’institution régionale reste entièrement couverte par le capital exigible des États membres. Ceci a d’ailleurs été soutenu par le conseil des gouverneurs de la BAD qui, à fin mai 2024, a approuvé une augmentation générale du capital exigible de 117 milliards USD (88,1 milliards d’unités de compte) pour permettre à l’institution de préserver sa capacité de prêt et de répondre aux exigences de l’agence de notation Fitch. Cette approbation porte le capital autorisé de la Banque de 201 milliards USD (152 milliards d’UC) à 318 milliards USD (240 milliards d’UC).
Risque de crédit atténué
Pour réduire le risque de crédit, la BAD a mis en œuvre fin 2023, un certain nombre de dispositifs, notamment un mécanisme de transfert de risque (" Room2Run ") pour couvrir 1,5 milliard d'UC de prêts souverains en 2022. Cette transaction a amélioré la qualité de crédit moyenne du portefeuille de prêts de la BAD d'environ un cran, mais cela a été modéré par les dégradations souveraines de certains pays d'opération de la BAD, par exemple l'Égypte (B-/Positive), le Kenya (B/Négative), le Nigeria (B-/Positive) et la Tunisie (CCC-).
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De l’autre côté, le ratio des prêts non productifs (PNP) de la BAD s'est amélioré pour atteindre 2,9 % du total des prêts en 2023 (contre 3,4 % en 2022). « Cela reflète un ratio stable de 1 % pour les expositions souveraines de la banque, une amélioration du ratio de NPL pour les expositions non souveraines (15,1 %, en baisse par rapport à 16,9 % à la fin de 2022) et la croissance du portefeuille souverain, » explique Fitch qui s’attend à ce que le ratio global de NPL se situe dans la catégorie "modérée" (3 %-6 %), en raison d'une augmentation attendue des NPL non souverains. Toutefois, la crise alimentaire provoquée par la guerre entre la Russie et l'Ukraine et l'augmentation des rendements constituent des risques à la baisse pour les prévisions concernant les prêts non souverains.












