La filière halieutique gabonaise a marqué le pas en 2024. Selon le Tableau de bord de l’économie – Situation 2024 publié par le ministère de l’Économie, la production totale de poissons a reculé de 5,8 %, tirée vers le bas par la pêche artisanale, tandis que la pêche industrielle poursuivait sa consolidation avec une progression de 5,7 % après le bond enregistré l’année précédente.
Au total, la production halieutique nationale est passée de tonnes en 2023 à 21 341 tonnes en 2024, soit un repli de plus de 1 300 tonnes sur un an glissant. Le segment artisanal, qui concentre l’essentiel des captures, a enregistré un repli de 4,2 % tant sur les poissons (18 927 tonnes) que sur les crustacés (604 tonnes). En valeur, les ventes issues de ces activités ont généré 31 milliards FCFA, contre 32,8 milliards FCFA un an plus tôt (–5,7 %), confirmant la tendance baissière d’un secteur clé pour les revenus côtiers et la sécurité alimentaire.
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La baisse touche également la pêche industrielle. En 2024, les captures de poissons et de crevettes ont totalisé 4 729 tonnes, soit un recul de 2 % par rapport à 2023. D’après le rapport du ministère de l’Économie, les poissons représentent en moyenne 96 % des prises industrielles, mais leur volume a diminué de 4,8 %, à 4 539 tonnes. Cette contraction s’explique notamment par la réduction des zones traditionnelles de pêche depuis la création des aires marines protégées en 2017, ainsi que par la hausse des coûts d’exploitation, conséquence de la libéralisation des prix du carburant pour les industriels.
La pêche crevettière, concentrée autour d’une société basée à Port-Gentil, a en revanche légèrement progressé, passant de 59 à 96 tonnes. Malgré cette embellie, le secteur reste pénalisé par la suspension de la pêche dans certaines zones protégées depuis 2021 et la flambée du prix du gasoil. Résultat : le chiffre d’affaires de la pêche industrielle a reculé à 2,7 milliards FCFA en 2024, contre 4 milliards FCFA l’année précédente.
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Cette contreperformance relance le débat sur la nécessité de réorganiser et moderniser la filière halieutique au Gabon. Face à une demande intérieure croissante et à des importations estimées à 26 000 tonnes de poissons par an, le gouvernement veut inverser la tendance. Son plan d’action mise sur la structuration et la sécurisation des activités de pêche, l’industrialisation de la filière thonière, ainsi que la création d’infrastructures dédiées pour soutenir la production locale. La pêche artisanale, pilier du secteur, devrait bénéficier d’un appui renforcé à travers le Fonds stratégique pour le développement de la pêche et de l’aquaculture (FDPA). Parallèlement, la révision de l’accord de pêche avec l’Union européenne vise à encourager la reproduction des ressources halieutiques tout en garantissant de meilleures retombées économiques pour les pêcheurs locaux.








