Perenco pourrait prochainement porter sa production pétrolière au Tchad au-delà de 18 000 barils par jour (b/j), prolongeant la montée en puissance engagée depuis la reprise des actifs de Glencore en 2022. Le 16 juillet 2026, à N'Djamena, une délégation du groupe pétrolier franco-britannique, conduite par son Directeur général Armel Simondin, a été reçue par la ministre tchadienne du Pétrole, Fatima Haram Acyl, afin d'examiner le plan de développement de l'opérateur. Selon une note du ministère publiée le 18 juillet, ces échanges confirment « qu'une augmentation durable de la production, soutenue par des investissements structurants, constituera un levier de création de valeur pour toutes les parties prenantes et contribuera au développement économique du Tchad ».
Cette ambition repose sur l'optimisation des champs matures de Badila et Mangara, situés dans le bassin de Doba. Exploités par la filiale Petrochad Mangara depuis le rachat des actifs de Glencore en juin 2022, ces gisements ont vu leur production progresser de 16 000 à 18 000 barils par jour en 2025 grâce à une campagne d'optimisation menée sur douze puits.
L'expansion envisagée par Perenco s'inscrit dans les ambitions du gouvernement tchadien, qui souhaite porter la production nationale de 127 000 barils par jour actuellement à 250 000 barils par jour d'ici à 2030, afin de relancer une économie fortement dépendante des revenus pétroliers. Selon le dernier rapport de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), les activités de Perenco au Tchad ont progressé de 95 % entre 2022 et 2023, confirmant la montée en puissance de l'opérateur dans un secteur encore largement dominé par le groupe chinois CNPC. Le gouvernement tchadien s'est formellement engagé à « offrir un cadre propice aux investissements responsables » et un environnement favorable à la réalisation des projets.
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Au-delà des recettes fiscales supplémentaires attendues pour l'État, l'accélération des investissements de Perenco pourrait également renforcer les retombées locales de ses activités. À Mangara, le gaz associé issu de la production pétrolière est déjà valorisé pour alimenter en électricité la ville de Moundou, capitale économique du sud du pays. Les autorités tchadiennes comptent désormais s'appuyer sur ce partenariat pour développer davantage les infrastructures sociales, favoriser le transfert de compétences et accroître les opportunités d'emploi dans les zones d'exploitation.
À l'échelle régionale, cette offensive s'inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de la présence de Perenco en Afrique centrale. La mission conduite à N'Djamena intervient quelques jours seulement après l'annonce par François Perrodo d'un plan d'investissement de 2 milliards de dollars en République du Congo, destiné à porter la production du groupe au-delà de 100 000 barils par jour d'ici cinq ans et à accompagner la construction de son futur siège régional à Pointe-Noire. Cette double offensive illustre la stratégie du groupe, qui mise sur la reprise, l'optimisation et la prolongation de la durée de vie des gisements matures pour consolider sa position parmi les principaux producteurs indépendants de la région.
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