L'indice du secteur extractif gabonais, pilier de l'économie nationale, a reculé de 2,7 % sur l'ensemble de l'année 2025, pénalisé par la baisse de la production pétrolière et les difficultés logistiques ayant affecté la filière manganèse, selon la note de conjoncture publiée par la Direction générale de l'économie et de la politique fiscale (DGEPF). Et ce, malgré un rebond de 4,4 % enregistré au quatrième trimestre. « La reprise n'a pas permis d'effacer les contreperformances accumulées depuis le début de l'année », précise le document.
En effet, martèle la note, après trois trimestres consécutifs de baisse, la production de pétrole brut a progressé de 1,6 % au quatrième trimestre, portée par une meilleure disponibilité des équipements de surface et l'optimisation des champs pétroliers. Cette amélioration n'a toutefois pas inversé la tendance annuelle, la production reculant de 2,9 %, alors que les opérateurs tablaient initialement sur une hausse de 3 %. Pour mieux le matérialiser en volume, il faut se référer aux données mensuelles de l'OPEP. Selon ses derniers rapports, la production de brut gabonais est passée de 236 000 barils par jour en janvier à 222 000 b/j en mars, avant de remonter à 234 000 b/j en juin puis de retomber à 226 000 b/j en octobre, pour terminer 2025 à 227 000 b/j en décembre.
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La filière manganèse a, elle aussi, terminé l'année en baisse. Au quatrième trimestre, la production nationale, mesurée par son indice, a progressé de 10,8 %, soutenue par les performances des mines de Moanda et de Franceville. Cette amélioration a néanmoins été freinée par une légère baisse des évacuations vers le port d'Owendo. Sur l'ensemble de l'année, la production recule de 2,5 % en raison des contraintes logistiques. Selon les données publiées par Eramet, sa filiale Comilog a extrait plus de 6,1 millions de tonnes en 2025 mais n’a pu exporter qu’environ 5 millions. Globalement, la production nationale est estimée à un peu plus de 9 millions de tonnes.
Croissance du gaz
À l'inverse du pétrole et du manganèse, le gaz naturel commercialisé a poursuivi sa progression. Sa production a augmenté de 14,1 % au quatrième trimestre grâce à une demande soutenue et à la faible occurrence d'incidents techniques. Sur l'ensemble de l'année, la hausse s'établit à 1,2 %, une progression qui n'a toutefois pas suffi à compenser le recul des filières phares du secteur.
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Ce ralentissement de l'activité extractive s'est accompagné d'une dégradation des prix à l'exportation. Par rapport au troisième trimestre 2025, l'indice des prix à l'exportation a reculé de 6,8 %, principalement sous l'effet de la baisse des prix des huiles brutes de pétrole (-7,9 %) et du ferrosilicomanganèse (-13,5 %), selon la DGEPF.
Rappelons que depuis le début de 2026, le Gabon accélère la transformation de son secteur extractif afin d'enrayer le déclin de sa production pétrolière et de renforcer la contribution des mines à l'économie. Libreville a notamment ouvert 72 % du domaine maritime national à de nouveaux projets d'exploration d'hydrocarbures et accélère le développement des projets de fer de Belinga et Baniaka. Le Gabon prévoit également de mettre fin aux exportations de manganèse brut à partir de 2029 afin de favoriser sa transformation locale et d'accroître les retombées économiques du secteur.
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