elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Politique fiscale : le gouvernement entre le marteau du FMI et l’enclume du patronat

Entre ses engagements d’accroitre significativement les recettes internes non pétrolières et les promesses faites au secteur privé d’adopter une fiscalité de développement compatible à l’essor des entreprises, la marge de manœuvre du gouvernement semble bien limitée.

Publiée mardi 27 novembre 2018 à 10:07:56Modifiée vendredi 3 mai 2024 à 16:16:35Temps de lecture 10 minPar EcoMatin

taxes-impots-fiscalite-5129194
[dropcap]A[/dropcap]u Palais des verres de Ngoa Ekellé à Yaoundé, la Commission des Finances et du Budget de l’Assemblée Nationale est à pied d'œuvre depuis le 21 novembre 2018. Le ministre des Finances a ouvert le bal par la présentation devant les commissaires de la Chambre, du Rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières de la Nation, exercice 2018, puis la loi des Finances 2019. L’exercice appelle ensuite le passage des membres du gouvernement devant les élus de la nation pour la défense de leurs programmes ainsi que des dotations financières y afférentes. Pour l’exercice 2019, le budget de l’Etat est équilibré en recettes et en dépenses à 4850,5 milliards de FCFA soit une augmentation de 161 milliards de francs CFA en valeur absolue et de 3,4% en valeur relative. En présentant le Programme économique, financier, social et culturel du Cameroun pour l’exercice 2019 aux élus du Peuple, le 21 novembre 2018, le Premier ministre Philémon Yang a notamment promis la « poursuite des réformes structurelles prévues dans le cadre du Programme économique et financier signé au mois de juin 2017 avec le FMI. » Pour honorer cet engagement, le gouvernement annonce l’identification du maximum de niches de recettes potentielles à travers l’élargissement de l’assiette fiscale et la réduction de la dépense fiscale. Mais comment accroître la pression fiscale sans basculer dans la répression fiscale ? Le train de mesures prévues cette année risque de provoquer des grincements de dents au niveau du patronat. Ce d’autant plus que le 2 novembre dernier, le ministre des Finances a rencontrer le patronat à Douala pour exposer les grandes orientations de la loi des Finances 2019 au secteur privé. Le patronat a vu dans cette démarche, une première dans l’histoire économique du Cameroun, l’adhésion du gouvernement à son plaidoyer pour une « fiscalité adaptée ». Le président du groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) rappelait alors que la fiscalité des entreprises a un impact sur les décisions des investisseurs et donc sur la croissance économique et l’emploi. Un impôt complexe et excessif dissuade les investisseurs étrangers, fait fuir les investisseurs nationaux, freine l’entrepreneuriat et entraîne des pertes sèches à cause du coût de la conformité fiscale et de l’évitement fiscal. Les régimes fiscaux plus favorables, à l’inverse, élargissent l’assiette fiscale en attirant l’investissement étranger, en encourageant l’investissement national et en stimulant la création d’entreprise, ce qui entraîne un plus grand respect de l’impôt. Néanmoins, le ministre des Finances a assuré le patronat des bonnes dispositions du ministère des Finances lors de la rencontre de Douala. Ainsi, les propositions de réformes fiscales qui lui ont été transmises le 28 mai dernier ont reçu un taux de recevabilité de 73% et 71%. Sur l’ensemble des propositions en matière de fiscalité de porte, « 27 ont reçu avis favorable, 10, un avis réservé et 03 sont en perspective » tandis qu’en matière de fiscalité intérieure, « 47 des 83 propositions de réformes ont reçu un avis favorable,  24 ont reçu un avis réservé et 12  sont en perspective ». Fiscalité : ce qui attend les contribuables Pour mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation des objectifs de développement arrêtés par le gouvernement cette année, le président de la République a prescrit l’optimisation de la mobilisation des recettes internes non pétrolières projetées à 3079,5 milliards. Déjà dans sa circulaire préparatoire au budget de l’Etat, Paul Biya a instruit « la réduction de la dépense fiscale à travers la suppression progressive des exonérations relatives aux impôts indirects à hauteur de 100 milliards FCFA en 2019 ». Pour les fiscalistes, par «impôts indirects » il faut surtout comprendre la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) et le Droit d'accises. La TVA est un impôt sur la consommation qui frappe la dépense tandis que le droit d'accises est un Impôt ad valorem assis sur la dépense de consommation et perçu lors de la livraison sur le marché local de certains produits spécifiques. En clair, certains produits jusque-là non taxés le seront progressivement. Ce tour de vis devrait donc rapporter 100 milliards de FCFA. Pour ce qui est des mesures de l’élargissement de l’assiette fiscale, le gouvernement annonce l’exclusion des achats des produits pétroliers effectués par les marketers du champ d’application du précompte sur achat ; la suppression de la faculté ouverte aux entreprises relevant des unités de gestion spécialisées de reverser les impôts retenus sur les salaires de leurs employés auprès des centres de rattachement de leurs différents établissements ; le relèvement du tarif de la taxe de séjour pour les établissements d’hébergement non classés meublés ; le renforcement du régime de sanction pour défaut de reversement des impôts et taxes retenus à la source. Du reste, les analystes du FMI notent que sur les cinq dernières années, le taux d’imposition du Cameroun a été en moyenne de 13%, soit 3% en dessous de la moyenne d’Afrique subsaharienne. Une étude empirique internationale a montré que les pays présentant des conditions et des institutions macroéconomiques similaires à celles du Cameroun peuvent atteindre un taux d’imposition de 21% du PIB. Le Cameroun pourrait donc accroître ses recettes fiscales en améliorant l’efficacité du recouvrement fiscal et en réduisant les exonérations fiscales. Des milliards de FCFA de recettes à portée de main pour le Trésor public. En effet, l’assistance technique du FMI a identifié jusqu’à 2,5% du PIB de recettes supplémentaires potentielles liées à des efforts accrus d’administration fiscale. Parmi les leviers possibles pour accroitre la mobilisation des recettes fiscales, figurent la modernisation du système d’imposition fiscal, la maîtrise de la dépense fiscale, la migration de l’informel vers le secteur formel ainsi que les mesures administratives. Des mesures facilitant ou contraignant la migration de l’informel au formel pourraient être mises en places. D’autres leviers peuvent être activés, notamment en matière de lutte contre la contrebande et la concurrence déloyale. Le non renouvellement systématique des exonérations fiscales et douanières contenues dans les conventions d’établissement et arrivées à terme, pourrait être envisagé.
LIBELLE20182019
IRPP235 500282 300
Impôts sur les bénéfices des sociétés non pétrolières365 000350 000
Impôts sur les revenus servis aux personnes domiciliées hors du Cameroun62 00060 000
Impôts sur les mutations et les transactions60 80057 350
Taxe sur la valeur ajoutée et le chiffre d’affaires1 148 6001 285 600
Taxe sur les produits déterminés et droits d’accises344 800357 800
Taxes sur des services déterminés48105200
Impôts sur le droit d'exercer une activité professionnelle13 90012 570
Impôts sur l'autorisation d'utiliser des biens ou d'exercer des activités300
Autres impôts et taxes sur les biens et services10 9509200
Droits et taxes à l'importation374 880386 380
Droits et taxes à l'exportation et autres impôts sur le commerce extérieur29 72029 720
Droit d'enregistrement et de timbre58 55062 300
Autres impôts et taxes non classés ailleurs30001000
Total :2 712 0302 899 500
La notion de taux de pression fiscale La pression fiscale définit l’importance relative des prélèvements obligatoires dans l’économie nationale. Elle est une grandeur macroéconomique dont le taux est défini par rapport au PIB (Produit Intérieur Brut) et traduit l’effort de recouvrement des recettes de l’Etat pour faire face à ses charges. L’approche méthodologique utilisée pour le calcul du taux de pression fiscale est celle de l’OCDE. Il ressort de cette méthode deux critères qui caractérisent les prélèvements obligatoires à savoir : l’organisme bénéficiaire des prélèvements et l’absence de contrepartie directe au profit des agents économiques.
  • l’organisme bénéficiaire doit être une administration publique qui comprend l’administration centrale et les organismes dont les opérations sont sous son contrôle effectif, les collectivités territoriales décentralisées, les organismes de sécurité sociale et les entités publiques autonomes ;
  • l’absence de contrepartie directe en ce sens que, les prestations fournies par les administrations aux agents économiques ne sont pas proportionnelles aux prélèvements obligatoires.
Ce taux est en moyenne de 34,3% dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 2015. Même si ces taux comprennent un fort apport des cotisations sociales comparées aux pays en développement. Le taux de pression fiscale est généralement faible dans les pays en développement et traduit les difficultés des administrations fiscales de ces pays à recouvrer de façon optimale les ressources issues des prélèvements obligatoires. Sont généralement avancées comme raisons, la prédominance du secteur informel ainsi que celle des secteurs qui contribuent fortement à la constitution du PIB (agriculture), mais qui ne sont pas taxés. Il en est de même des grands projets d’infrastructures qui tirent la croissance économique mais qui sont, pour la plupart, défiscalisés. Il est généralement admis que la part des prélèvements obligatoires dans la richesse nationale doit atteindre au moins 25% pour être significative et engendrer un véritable développement.  

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Politique fiscale : le gouvernement entre le marteau du FMI et l’enclume du patronat
Archive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

0505-16334-l-eurobond-du-cameroun-fait-courir-les-investisseurs-sur-le-marche-international-de-la-dette_LPolitiques PubliquesLe Cameroun veut lever 300 millions USD supplémentaires sur son Eurobond 2033Le Cameroun sollicite à nouveau les investisseurs internationaux moins de neuf mois après son émission de 850 millions de dollars. L’opération doit notamment financer les priorités budgétaires et poursuivre l’apurement des arriérés de l’État.il y a 2 heuresLe chef de l'Etat Paul Biya et le ministre des Finances du Cameroun, Louis Paul MotazePolitiques PubliquesTransparence budgétaire : le Cameroun gagne 8 points et se hisse au 2e rang en Afrique subsaharienneYaoundé gagne huit points en deux ans et prend la deuxième place en Afrique subsaharienne en matière de transparence budgétaire. Une avancée portée notamment par la publication du rapport d’audit de la Chambre des comptes.​il y a 4 heuresEpremiumGABON-COUPPolitiques PubliquesGabon : les divergences sur les chiffres de la dette inquiètent les investisseursLe Gabon aborde sa prochaine sortie sur les marchés internationaux sous pression. Les interrogations sur le niveau réel de sa dette ont contribué à propulser le rendement de ses obligations en dollars jusqu’à 13,1 %, alors que le pays cherche à lever 580 millions de dollars.il y a 4 heuresJaime2Politiques PubliquesTitres publics : le Cameroun veut emprunter 125 milliards FCFA sur des BTA de 13 et 26 semainesEn quête de 125 milliards de FCFA ce 5 octobre, le Trésor camerounais revient sur le marché de la BEAC pour rebondir après des émissions récentes aux résultats mitigés.il y a 4 joursWhatsApp Image 2026-09-07 at 18.10.03 (1)Politiques PubliquesGuinée Equatoriale : la chute des recettes publiques met le budget 2026 sous pressionSix mois après le début de l'exercice, seuls 39,2 % des recettes prévues sont rentrés dans les caisses de Malabo. Le pétrole, dont les revenus ont chuté de 42,6 %, est la principale cause malgré une envolée du prix sur le marché international. il y a 4 joursMahamat IDI Signe1Politiques PubliquesTchad : les demandes d’e-Visa bondissent de moins de 10 à plus de 100 par jourÀ trois mois de l’exemption de visa annoncée pour les ressortissants africains, le Tchad enregistre une forte progression des demandes sur sa plateforme électronique.il y a 4 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Banques et Microfinances : la COBAC prononce 93 sanctions et écarte 11 dirigeantsil y a 1 jour2Banques : Afriland constitue son nouvel état-major pour la conquête de l’Afrique centraleil y a 4 jours3Gabon : avec 1 064 milliards de FCFA de dette, six entreprises publiques inquiètent la Banque mondiale il y a 6 jours4Pétrole : pourquoi un baril rapporte 31 dollars au Gabon contre 90 dollars au Camerounil y a 4 jours5Yvon Sana Bangui prend la tête de l’Institut chargé de préparer la future Banque centrale africaine il y a 6 jours6Cameroun : l’actionnaire majoritaire de Camrail cumule 300 millions FCFA de pertes depuis 2019il y a 4 jours7Cameroun : le bénéfice net de PlaYce tombe à son plus bas niveau depuis son ouvertureil y a 1 semaine8Cameroun : le retour inattendu de Viettel Global dans la bataille pour Nexttelil y a 5 jours9Cameroun : le projet ferroviaire avec la RCA permettrait à Kribi de capter 5 % du commerce mondial de minerai de feril y a 6 jours10Tchad : les demandes d’e-Visa bondissent de moins de 10 à plus de 100 par jouril y a 4 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.